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Politique

Le parcours d’obstacles de Moïse Katumbi  

Une victimisation utile ?

Le débat sur sa « double natio­nalité » – supposée ou réelle – prend parfois une tournure hystérique. Sur les réseaux sociaux, certains s’en sont ouvertement pris aux métis accusés d’allégeances multiples. La cible prin­cipale de ces attaques racistes est Moïse Katumbi, mais, en creux, quelques-uns des métis qui font partie de sa garde rapprochée ont également été visés.

Plusieurs observateurs avisés de la vie politique estiment toutefois que Moïse Katumbi pourrait tirer profit de sa posture de victime. « La meilleure façon d’amener la population à ne pas interroger le passé de Moïse Katumbi serait de le vic­timiser. Il risque paradoxalement de tirer profit de cette situation. Des membres de la majorité présidentielle voient la main de Moïse Katumbi derrière tout ce qui se fait et se raconte contre le régime, mais cela pourrait servir la cause du candidat. La population a tendance à se ranger auto­matiquement dans le camp de la victime pour la protéger », commente l’analyste politique Kerwin Mayizo.

Celui qui lorgne le fauteuil de Joseph Kabila se veut rassurant et promet de confondre, le moment venu, ses détrac­teurs. L’homme, qui a passé une grande partie de sa vie en RD Congo, parle cou­ramment le français et le swahili, l’une des quatre langues nationales. La question de la double nationalité divise les Congolais. Et rebondit de manière cyclique. Au début des années 2000, plus de 40 % des députés étaient des « binationaux ». Leur présence au sein de cette institution avait suscité le tollé général, d’autant qu’ils sié­geaient en toute illégalité.

Le processus électoral suit son cours

La vive polémique née de cette affaire avait conduit le président de l’Assemblée nationale à décréter un « moratoire » de trois mois. Les élus « binationaux » étaient censés profiter de cette période pour renoncer à leur deu­xième nationalité, au risque d’être exclus du Parlement. Au lieu de trancher cette épineuse question, la représentation nationale a décidé de ne rien décider. Plusieurs années se sont écoulées depuis lors, mais des députés « binationaux » continuent à siéger à l’Assemblée natio­nale sans avoir rendu des comptes à qui que ce soit.

N’empêche, le processus électoral se poursuit cahin-caha. La mise à jour du fichier électoral suit son cours. Cette opération, émaillée d’incidents mineurs et marquée par des lenteurs liées aux aspects logistiques, a permis d’inscrire, début juillet, au total plus de trente millions d’électeurs sur les quarante mil­lions attendus.

Si un grain de sable ne vient pas gripper la mécanique, les élec­teurs seront appelés aux urnes pour choisir leur prochain Président dans quelques mois. L’indépendance de la Commission électorale, chargée de passer les candidatures au tamis en vue de retenir celles qui répondent aux cri­tères fixés, est sujette à caution. Moïse Katumbi, le cheval sur lequel mise une partie des Congolais sans vraiment le connaître, risque de ne pas se retrou­ver dans les starting-blocks. Pour de bonnes ou mauvaises raisons.

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