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Politique

Ousmane Sonko acte sa candidature

Ousmane Sonko acte sa candidature
  • Publiéaoût 19, 2022

L’opposant Ousmane Sonko se déclare candidat aux élections présidentielles de 2024, au Sénégal. Se définissant comme étant « souverainiste et panafricain », le candidat a fustigé Macky Sall et la France, dans un discours de près de deux heures.

 

L’annonce ne fait confirmer ce que tout le monde attendait, au Sénégal. Ousmane Sonko fait acte de candidature pour la prochaine élection présidentielle, prévue en 2024. Dans un long discours, le 18 août 2022, l’opposant, arrivé troisième lors des élections de 2019, a présenté ses motivations et adressé de sévères piques au président Macky Sall, qu’il accuse déjà de tout faire pour l’empêcher de participer à ce rendez-vous démocratique.

Un autre opposant, Malick Gackou, a annoncé sa candidature, s’estimant « l’homme de la situation », de par son expérience. Également membre de la coalition YAW, l’homme politique anime le Grand Parti, qui tiendra un sommet extraordinaire en septembre,

Ousmane Sonko, 48 ans, est le leader du parti Pastef, l’une des composantes de l’opposition ayant recueilli 80 sièges aux récentes élections législatives. C’est-à-dire la majorité moins trois élus, soit deux sièges de moins que la majorité présidentielle. Lui-même avait été élu, en janvier 2022, maire de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal. Pastef est l’une des composantes de la coalition Yewwi Askan Wi (YAW) qui a emporté 56 sièges le 31 juillet dernier.

Fiscaliste de profession, Ousmane Sonko peaufine sa candidature autour des thèmes de la corruption et du pouvoir des élites. Se définissant comme « panafricain et souverainiste », Ousmane Sonko tente aussi de surfer sur le sentiment anti-Français, accusant déjà l’ancienne puissance coloniale d’aider Macky Sall à entraver sa candidature. On le dit populaire dans la jeunesse, en dépit d’un discours proche des milieux religieux et traditionnalistes. C’est d’ailleurs sur l’électorat jeune qu’il mise pour 2024. « Je veux dire aux militants et aux militantes d’orienter tous leurs efforts à enrôler les jeunes primo-votants pour qu’ils aillent massivement s’inscrire sur les listes électorales, à implanter des cellules dans toutes les parcelles du territoire national. »

Les accusations d’entrave ne sont pas sans fondement. Ousmane Sonko est sous le coup d’une mise en examen pour viol présumé contre une employée d’un salon de beauté et de massages. Son inculpation avait entraîné de violentes manifestations – 14 morts – dans le pays, en 2021. Cette inculpation lui a valu, lors de la précédente législature, de perdre son immunité parlementaire.

 

Soutien à Assimi Goïta du Mali

Visant directement la France et Macky Sall, le candidat à peine déclaré a-t-il affirmé, parlant de lui à la troisième personne, que « tous les jours, leurs laboratoires tournent à plein régime en fabriquant énormément de complots. Leur objectif est de trouver un motif de condamnation pour empêcher la candidature d’Ousmane Sonko ». Et le candidat d’affirmer qu’il pourrait bientôt être suspecté d’actes de terrorisme, de rébellion, de viol, « avec le soutien de la France et des médias français ».

Ousmane Sonko a déjà formulé une promesse qui ne manquera pas de faire réagir : apporter le soutien du Sénégal, soutien militaire s’il le faut, au président du Mali, Assimi Goïta. « Nous lui disons qu’il doit continuer à rester très proche de son peuple, parce qu’en politique, il n’y a que cette réalité : il faut faire la politique pour son peuple. » Aussi, si « nous » sommes élus président de la République, « nous dépêcherons des troupes pour soutenir nos frères Maliens et en finir avec la gangrène djihadiste », a-t-il promis. Allusion à la décision de Macky Sall de retirer les troupes sénégalaises – peu nombreuses – au sein de la Minusma, la force onusienne stationnée au Mali.

D’autre part, un autre opposant, Malick Gackou, a annoncé sa candidature, s’estimant « l’homme de la situation », de par son expérience. Également membre de la coalition YAW, l’homme politique anime le Grand Parti, qui tiendra un sommet extraordinaire en septembre, afin de préciser sa position. Ancien ministre des Sports puis du Commerce, Malick Gackou était tombé malade durant la récente campagne législative, devant être hospitalisé en France.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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