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Décrispation Politique

Ouattara, Gbagbo, Bédié et Affi déposent les armes

Ouattara, Gbagbo, Bédié et Affi déposent les armes
  • Publisheddécembre 9, 2021

Depuis 1999, date du décès de Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire, la classe politique ivoirienne n’a eu de cesse que de s’entre-déchirer. Aujourd’hui, ses membres ont décidé d’aller à la réconciliation. Faut-il y croire ?

Par Véronique Clara-Véronne

Certes, cette initiative sonne comme un air de déjà vu, un air de déjà entendu, les politiques ivoiriens ayant habitués aux volte-face après de nombreuses initiatives de réconciliation, mais cette fois-ci, ils semblent déterminés à « pacifier » les relations politiques.

Le président Alassane Ouattara

Ni tomber à Charybde ni tomber à Scylla. Ils ne vont pas non plus à Canossa pour se soumettre aux injonctions des uns ou des autres. Ils vont, disent-ils, au rendez-vous de la fraternité.

Le président Alassane Ouattara (RHDP, au pouvoir), les ex-présidents Laurent Gbagbo (PPA-CI, opposition), Henri Konan Bédié (PDCI-RDA, opposition), et l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan (FPI, opposition) se donnent rendez-vous à la mi-décembre pour tracer les contours de la nouvelle Côte d’Ivoire sans oripeaux et sans oriflammes. Ils parlent de réconciliation…

Pour l’instant, la Côte d’Ivoire, pays le plus riche et influent de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) entend donc donner cet exemple de réconciliation nationale qui doit pouvoir faire des émules dans une sous-région en proie aux instabilités politiques avec leur point d’ogre que sont les coups d’Etat au Mali et en Guinée Conakry.

C’est ainsi que le porte-parole du gouvernement ivoirien, le ministre Amadou Coulibaly, a soufflé fort dans le cor du rassemblement en annonçant avec des tremolos dans la voix que : « Le dialogue politique est annoncé pour reprendre ; déjà des courriers ont été adressés aux différents membres. La date, c’est le 16 décembre à la Primature, à 9h00 (GMT, heure locale) ». 

Il s’agit donc d’inviter toute la classe politique plus exactement un représentant et deux collaborateurs par parti ou groupement politique pour ce qui s’apparente déjà à un Forum pour la réconciliation nationale.

Ouattara à droite et Gbagbo à gauche au Palais présidentiel à Abidjan Plateau

A Abidjan donc, le Premier ministre ivoirien Patrick Achi, avait déjà souligné début novembre que « le dialogue politique ne s’est jamais arrêté. Le président Alassane Ouattara a la main tendue et reste ouvert aux autres acteurs politiques du pays ». 

« Grâce aux initiatives prises par le Président, depuis la rencontre Bédié jusqu’à celle qui s’est déroulée le 27 juillet avec Gbagbo, dans un climat de solennité et de fraternité, la démocratie ivoirienne avance dans la paix, la tolérance et le dialogue », s’est voulu rassurant Achi.

Comme elle en est coutumière, la Côte d’Ivoire, du moins ses dirigeants et ses opposants vont sortir des discours ampoulés pour des odes à l’unisson. Sans préjuger de la valeur et de la pertinence d’une telle initiative, tout indique en tout cas que les partis et regroupements politique viendront avec des agendas non dénués d’arrière-pensées politiques.

Le président Alassane Ouattara (D) et Henri Konan Bédié (G)

De plus, GPS, le mouvement politique de Guillaume Soro, ex-président de l’Assemblée national, ayant été dissout par la justice ivoirienne, quid de sa participation au dialogue politique national ?

Soro est en exil et condamné plusieurs fois par la justice de son pays pour des faits d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de crimes économiques. Même préoccupation pour Charles Blé Goudé toujours bloqué à la Haye bien qu’acquitté de crimes de guerre par la CPI.

Leader du mouvement politique Cojep, Blé Goudé, condamné par la justice ivoirienne pour crime de sang, est depuis plusieurs mois en attente d’un passeport ivoirien qui lui permettra de voyager et rentrer ainsi en Côte d’Ivoire.

Le président Alassane Ouattara (G) et l’opposant Pascal Affi N’Guessan (D)

Pour l’instant, la Côte d’Ivoire, pays le plus riche et influent de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) entend donc donner cet exemple de réconciliation nationale qui doit pouvoir faire des émules dans une sous-région en proie aux instabilités politiques avec leur point d’ogre que sont les coups d’Etat au Mali et en Guinée Conakry.

@VCV

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Par Véronique Clara-Véronne

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