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Politique

Niger : Une rupture générationnelle

La société civile sollicitée

Le président du MPN entend s’appuyer sur la société civile. « Nous sommes en pleine concertation avec toutes les forces vives du pays, dont les associations islamiques », indique le porte-parole du FP. Une ouverture commencée par une visite de « courtoisie » au premier président démocratiquement élu, Mahamane Ousmane, également militant de l’opposition. À ceux qui y voient une contradiction avec le combat générationnel dans lequel le FP veut se lancer, Adal Rhoubeid déclare préfère évoquer « une ouverture d’esprit ».

En fait depuis la création en 2009 du Front pour la république et la défense de la démocratie (FRDD) et du Front pour la démocratie et la république (FDR), qui étaient constitués aussi bien des partis politiques, des syndicats et de certaines associations, il est devenu une tradition pour les partis d’impliquer d’autres organisations dans les luttes politiques. À l’époque, le Niger était en crise face à la volonté manifeste du président Tandja Mamadou de s’offrir un bonus de trois ans au terme de son mandat légal. « Aujourd’hui, il n’y a aucune velléité à remettre en cause le jeu démocratique dans notre pays », constate Boubacar Sabo qui y voit un « mimétisme politique ».

Du reste, le combat engagé par les organisations de la société civile, pour protester contre certaines dispositions de la loi de Finances 2018, est perçu par les tenants du pouvoir comme un combat illégitime ne nécessitant pas la création de fronts de l’opposition. « Je ne vois pas la légitimité qu’a la société civile de contester la loi de Finances qui est l’expression de la majorité de mettre en oeuvre son programme sur la base duquel le président Issoufou a été élu », estime Boubacar Sabo.

Combat en rangs dispersés

Accusée de sombrer dans la léthargie et en manque de leadership, l’opposition à Issoufou a tenté de s’unir une ultime fois en mai. Le Front des partis politiques non affiliés pour l’alternance démocratique au Niger (FPNAD), le Front de l’opposition indépendante (FOI), le Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR) et le Cadre de concertation et d’action citoyenne de la société civile nigérienne indépendante (CCAC-SCNI) décident de se regrouper pour créer le cadre commun de lutte dénommé Front démocratique et républicain (FDR).

Entre autres objectifs poursuivis par cette coalition, le retour à la légalité et à la normalité constitutionnelle, le respect de l’État de droit et des valeurs démocratiques et la protection des droits et libertés fondamentales. Seulement, deux semaines après, Ibrahim Yacoubou, qui a pris part au baptême de feu du FDR créé le FP, portant ainsi à cinq le nombre de «fronts» composés de partis politiques et d’organisations de la société civile qui combattent le gouvernement Brigi. 

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