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Politique

Niger : Le président Mohamed Bazoum (déjà) au travail

Le nouveau président du Niger a pris ses fonctions et formé son gouvernement. Mohamed Bazoum a conscience des enjeux de son action, pour son pays et la région du Sahel, aux multiples défis. D’importants rendez-vous diplomatiques se préparent.

Par Hichem Ben Yaïche, envoyé spécial à Niamey

Investi le 2 avril 2021, en présence d’une douzaine de chefs d’État et de nombreuses personnalités, lors d’une grande cérémonie, le nouveau président du Niger s’est mis immédiatement au travail. Sa première décision, nommer Ouhoumoudou Mahamadou au poste de Premier ministre.

Les cent premiers jours serviront de test grandeur nature pour observer la traduction en actes ce qu’il a dans la tête et pour voir la mise en chantier de son projet de société pour le Niger.

Celui-ci, sans tarder, annonce le 7 avril la formation de son gouvernement.  Cette première séquence est le reflet d’un d’entre-deux où l’on retrouve des hommes clés de l’ère Mahamadou Issoufou. La proximité des deux hommes et le partage d’un héritage politique expliquent ce choix.

Une transition soft, pacifique et dans la bonne intelligence, entre un président qui quitte ses fonctions et un autre qui s’installe. Pour beaucoup, c’est une évolution heureuse dans une Afrique où les alternances sont souvent compliquées, pour ne pas dire la cause de crises violentes.

Mohamed Bazoum est reconnaissable à son style, son langage direct, sa méthode… Son discours d’investiture, le 2 avril, est un condensé de ses priorités politiques en politique intérieure et en politique régionale notamment. Il est bien conscient des défis gigantesques qu’il lui faudra relever : la démographie, l’éducation, le changement climatique, le terrorisme, le développement… Et aussi la réconciliation nationale où l’exacerbation de l’ethnicisme par certains politiques a failli provoquer des violences.

Dans cet acte inaugural, le président Bazoum compte aller vite pour imprimer sa marque. Il nous l’a redit, en recevant chez lui un petit groupe de journalistes. En habit traditionnel, l’air serein, il a rappelé en mots simples les actions qu’il compte mener.

Et surtout ses gestes forts en politique extérieure : son premier voyage au Nigeria, qui sera suivi par un autre en Algérie, avant le Tchad, nous révèle-t-il. Trois pays qui seront associés à sa vision régionale. Confirmant ainsi l’adage, « on fait la diplomatie de sa géographie ».

Djihadisme, réseaux de trafic en tout genre. La coopération militaire, sécuritaire et la mutualisation sont la clé de voûte pour empêcher le délitement du Sahel. Mohamed Bazoum a connaissance intime du Niger et de sa géographie.

Il sait qu’il sera observé, scruté, et rien ne lui sera épargné. Les cent premiers jours serviront de test grandeur nature pour observer la traduction en actes ce qu’il a dans la tête et pour voir la mise en chantier de son projet de société pour le Niger. Il sait que ses adversaires l’attendent au tournant. Un challenge dont il mesure le poids et l’ampleur. C’est aussi le propre de l’action politique.

HBY

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