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Politique

Niger : Coup d’Etat avorté

A peine élu, victoire contestée par l’opposition, le président Mohamed Bazoum a essuyé une « tentative de coup d’Etat militair» dans la nuit de mardi à mercredi 31 mars 2021 au Niger, ont annoncé plusieurs sources proches du pouvoir.

Par Serges David

A 48 heures de son investiture, le président Mohamed Bazoum fait face à une opération hideuse de déstabilisation de son tout nouveau pouvoir par des forces du désordre.

De fait, dans la nuit de mardi 30 mars à ce mercredi matin 31 mars 2021, des assaillants ont attaqué à l’arme lourde la capitale Niamey et le siège du palais présidentiel.

Dans la configuration actuelle, c’est la première fois de l’histoire de cette ex-colonie française que deux présidents démocratiquement élus se passent le relais : Mahamafou Issoufou (président sortant) et Mohamed Bazoum (président élu).

Cette « tentative de coup d’Etat » intervient dans un contexte de contentieux post-électoral entre l’opposition et le pouvoir.

L’ancien président du Niger et candidat à la présidentielle du 21 février 2021, Mahamane Ousmane, avait déjà déclaré lundi 23 mars au soir ne pas reconnaître la victoire de son adversaire Mohamed Bazoum donné vainqueur dimanche par la Cour Constitutionnelle.

Il avait appelé le « peuple nigérien souverain, sans délai, (à) se mobiliser, comme un seul homme, dans la fraternité et la cohésion nationale, pour défendre sa souveraineté à travers une marche démocratique et pacifique sur l’ensemble du territoire national. Et faire échec, par tous les moyens de droit, à cette tentative d’usurpation du pouvoir ». Et appelé aussi « les corps constitués et forces de défense et de sécurité de soutenir la lutte du peuple nigérien et de n’obéir à aucun ordre manifestement illégal et de surcroit, donné, par une autorité elle-même illégale et illégitime ».

L’ex-président Mahamane Ousmane à droite

Pour l’heure, Niamey, qui se réveille traumatisée par ce déluge de feu, assure que la situation est sous contrôle et que des militaires ont été arrêtés.

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On assure même que ceux à l’origine de cette tentative de coup d’Etat sont aussi aux arrêts. Selon toujours Niamey, les attaquants un « groupe de militaires », dans les faits, n’ont « pas pu s’approcher du palais présidentiel » à cause notamment de la riposte de la « la Garde présidentielle ».

C’est aussi dans ce contexte que le président Mohamed Bazoum devait prêter serment vendredi en tant que président élu.

L’histoire de ce petit pays pauvre sahélien qu’est le Niger est jalonnée depuis l’indépendance en 1960 de coups d’Etat, quatre précisément : Le premier en avril 1974 mené par Seyni Kountché contre le président Diori Hamani, le second intervient le 27 avril 1996 lorsque Ibrahim Baré Maïnassara renverse le président Mahamane Ousmane.  

Une rue du Niger

En 1999, Daouda Malam Wanké renverse à son tour le chef de l’Etat Ibrahim Baré Maïnassara et enfin le dernier en février 2010 de Salou Djibo qui a renversé le président Mahamadou Tandja. 

Dans la configuration actuelle, c’est la première fois de l’histoire de cette ex-colonie française que deux présidents démocratiquement élus se passent le relais : Mahamafou Issoufou (président sortant) et Mohamed Bazoum (président élu).

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SD

 

 

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