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Politique

Mission réussie pour Issoufou Mahamadou

Le Niger, qui a accueilli le premier Sommet de coordination entre l’Union africaine et les Commissions économiques régionales, a organisé aussi une Session extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union. Deux événements qui rehaussent l’image du pays. 

Niamey, Sani Aboubacar 

Circulation fortement perturbée dès le 4 juillet et entièrement fermée du 6 au 8 juillet, sur le périmètre du Palais des congrès et de l’Hôtel Radisson Blu. Pour circuler en voiture et à pied, il faut une autorisation spéciale, au risque d’être refoulé au-delà des barrages policiers dressés pour la circonstance.

À l’entrée du palais des Congrès, les fouilles sont assurées par des éléments de la Garde présidentielle, sous les yeux de la police qui assure le contrôle des accréditations. 

ENCADRE

Les grandes décisions sur la ZLEC 

L’une des grandes décisions prises à Niamey, c’est le lancement de cinq instruments afin de rendre opérationnel le traité de la ZLEC. Dont le Ghana arbitrera le siège pour son secrétariat général.

La conférence qui a fixé la date du début des échanges entre les pays au 1er juillet 2020 a également décidé d’adopter la date du 7 juillet comme Journée de l’intégration africaine.

En outre, des instructions ont été données aux négociateurs pour que la deuxième phase des négociations portant sur les investissements, sur la concurrence et la propriété intellectuelle, se termine en décembre 2020. 
Entrée en vigueur en mai 2019, la ZLEC fait partie des douze projets phares du premier plan décennal 2013-2023 de l’Agenda 2063 de l’UA.

Il reste à ce jour le seul projet à enregistrer une avancée exceptionnelle dans sa mise en oeuvre. Selon le président du Niger, la ZLEC constitue une « forte contribution dans la sortie des 84 000 kilomètres de frontières héritées de la colonisation ».

Elle vise à éliminer progressivement les droits de douane sur le commerce intra-africain, qui ne représente aujourd’hui que 15 % du commerce des pays du continent. Avec un marché de 1,2 milliard de consommateurs aujourd’hui et 2,5 milliards en 2050, la ZLEC offre des possibilités commerciales immenses, notamment pour les entreprises africaines. 
En somme, la ZLEC forme, avec les autres plans et programmes de l’UA, « un tout cohérent dans la perspective de renforcer l’intégration régionale et atteindre les objectifs de l’agenda du centenaire, l’agenda 2063 », conclut le « champion » Issoufou Mahamadou.

C’est dans ce périmètre entièrement sécurisé que se sont tenues, les 7 et 8 juillet à Niamey, la 12e session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), et la première réunion de coordination entre l’UA et les Commissions économiques régionales (CER).

Pour les habitants de Niamey, malgré les mesures restrictives de circulation, les pluies enregistrées les 4 et 8 juillet sont un signe de bénédiction des deux grandes rencontres historiques que le pays accueille. 

La première rencontre est dédiée au lancement de la phase opérationnelle de la ZLEC (Zone de libre-échange continentale africaine, lire encadré). C’est aussi l’occasion saisie par le Nigeria et le Bénin pour signer, à leur tour, l’acte portant création de la ZLEC, tandis que le Gabon et la Guinée équatoriale ont déposé leurs instruments de ratification.

Et le champion de la ZLEC, Issoufou Mahamadou, s’en félicite : « Sans le Nigeria, première puissance économique du continent, il y aurait eu un goût d’inachevé dans la conclusion de cet accord. » En effet, « un vieux rêve se réalise », approuve le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, soulignant que la ZLEC est l’un des projets « les plus emblématiques » de l’Agenda africain. 

La deuxième rencontre est un autre Sommet tout aussi extraordinaire, « car il marque le démarrage d’un processus désormais institué, de concertation et de coordination entre la Commission de l’Union africaine et les Commissions régionales », a expliqué le chef de l’État nigérien.

Selon lui, ces rencontres semestrielles, constituent les piliers sur lesquels le continent « doit pouvoir construire l’Afrique que nous voulons, de l’Agenda 2063 ». Et la première session que le Niger a accueillie le 8 juillet était l’occasion de présenter le rapport sur le statut de l’intégration régionale en Afrique. 

Des objectifs dépassés 

En marge de ces sommets où plusieurs activités ont été organisées, les deux épouses du président Issoufou, Aïssata et Malika, à la tête de leurs fondations respectives (Guri et Tattali Iyali) ont, de leur côté, mobilisé les épouses des chefs d’État de l’UA et de la Cedeao.

Il s’agit de l’organisation de la 23e Assemblée générale de l’Organisation des Premières dames d’Afrique pour le développement, de la rencontre des Premières dames de la Cedeao sur la lutte contre le mariage des enfants, et de la Table ronde de mobilisation de ressources pour l’autonomisation des femmes et des filles du Sahel. 

Pourtant, la réforme de l’UA, récemment engagée, avait supprimé le deuxième Sommet annuel de l’organisation panafricaine qui se tenait en milieu de l’année dans un pays différent.

Le Niger devrait être hôte du premier sommet de coordination entre l’UA et les CER auquel seuls les chefs d’État membres du bureau de l’UA (Égypte, Afrique du Sud, RD Congo, Niger et Rwanda), les dirigeants des CER et l’Agence de développement de l’UA (Nepad) devraient participer.

Pour autant, l’UA a donc décidé de convoquer, le 7 juillet à Niamey, un Sommet spécial pour lancer la ZLEC en grande pompe. Pour la tenue de ces évènements, Issoufou Mahamadou s’est pleinement impliqué et a réussi à convaincre ses pairs d’Afrique d’y participer. 

À Niamey, le comité d’organisation s’est donné pour défi d’atteindre la barre de 4 000 invités dont trente chefs d’État. Finalement, « le nombre a été largement dépassé », se félicite-t-il, avec 32 chefs d’État et de gouvernement et 430 accréditations de journalistes sur les 400 prévus. 

Opération de prestige 

En janvier 2017, le président Issoufou Mahamadou a été désigné par ses pairs de l’UA, « champion » du processus de la ZLEC. « Or, 2017 était précisément la date retenue par le premier plan décennal de l’agenda 2063 pour aboutir à un accord avec finalisation et lancement en 2018 et appropriation en 2018- 2019 », a-t-il indiqué. Il fallait donc aller vite. « C’est ce que nous avons fait avec les experts, le commissaire au Commerce, les ministres du Commerce et le président de la Commission. » 

Quinze mois après cette désignation, le défi est pratiquement relevé. Le 21 mars 2018 à Kigali, 44 États signèrent l’accord portant sur la libération du commerce des marchandises et des services ainsi que sur le règlement des différends, « chiffre record dans les annales de l’architecture juridique de notre Union », s’est félicité Moussa Faki Mahamat.

Une année plus tard, le nombre de signature est passé à 54 (manquait l’Érythrée à l’appel) alors que 25 pays ont ratifié l’accord, officialisé le 30 mai. « Cette entrée en vigueur de la ZLEC est la plus rapide de toute l’histoire de notre organisation », s’est réjoui le président Issoufou Mahamadou à l’égard de qui les chefs d’État et de gouvernement de l’UA n’ont pas tari d’éloges. 

« Cette entrée en vigueur de la ZLEC est la plus rapide de toute l’histoire de notre organisation », s’est réjoui le président Issoufou Mahamadou à l’égard de qui les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine n’ont pas tari d’éloges.

À commencer par le président en exercice de l’UA, Abdel Fatah al-Sissi, qui a tenu à féliciter le président nigérien pour sa vision et pour la parfaite organisation du rendez-vous de Niamey.

Le président égyptien est rejoint par le président de la Commission de l’UA : « Issoufou Mahamadou a conduit des mains de maître, avec foi, passion et détermination tout le processus qui a abouti à cette rencontre d’aujourd’hui », a-t-il déclaré. Le président togolais, Faure Gnassingbé, reste convaincu que le président Issoufou est l’homme de la situation. « Si tu veux réussir un sujet compliqué et difficile, confie-le au président du Niger. Il est magique mon grand frère ! ». 

Le président nigérien doit ce succès à sa vision et à son leadership dans la conduite du grand chantier africain. Une opération de prestige pour quelqu’un qui a prévenu de son retrait du pouvoir dans deux ans.

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