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Politique

Mama Ngina Kenyatta, une leçon de démocratie et de dialogue …

Le prix Macky Sall 2019 pour le Dialogue en Afrique a été remis, le 12 décembre 2020, à Mama Ngina Kenyatta. Le président du Sénégal a rendu un vibrant hommage à l’ancienne Première dame du Kenya, mère de l’actuel chef de l’État kenyan.

Par Kimberly Adams

Le président du Sénégal, Macky Sall, s’est montré lyrique et chaleureux lors de la remise du « prix pour le dialogue en Afrique », qui porte son nom. Ce prix, créé en 2016, n’avait pas été remis l’an dernier. Au titre de l’année 2019, il récompense Mama Ngina Kenyatta, la « Mère de la Nation » kenyane.

Macky Sall a considéré que par ce choix, le comité de sélection confère « un symbolisme particulier » à ce prix. D’abord par le pays d’origine de la lauréate, le Kenya, situé à l’extrême-est de l’Afrique. « Cela veut dire que pour nous, ce prix s’adresse à tous les pays du continent, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, sans distinction d’ordre linguistique ou autre. »

« Elle a pu apaiser les cœurs, calmer les esprits, réconcilier et aider les Kenyans à surmonter la crise, juge Macky Sall, selon qui cette leçon est aussi un rappel du rôle central des femmes et des anciens dans nos sociétés par l’effort conciliant qu’ils mènent pour que chacun vive en paix. »

Le Président a salué chez Ngina Kenyatta « la force de son instinct maternel qui a pu guider son action pour son pays ». Il a rappelé qu’à un moment donné, lors de la crise post-électorale de 2017, « elle a appelé le président Uhuru Kenyatta, son fils, elle a appelé Raila Odinga, le challenger, elle les a mis ensemble et leur a instruit de faire la paix, au Kenya. Le résultat a été inestimable ! »

Selon Macky Sall, l’action de Mama Kenyatta « a sauvé des vies ». Par son action, « elle a pu apaiser les cœurs, calmer les esprits, réconcilier et aider les Kenyans à surmonter la crise ». Pour le Président, son acte constitue « une formidable leçon de démocratie et de dialogue » pour le règlement pacifique des différends qu’elle vient d’offrir au continent africain. « Cette leçon est aussi un rappel de ce rôle central des femmes et des anciens dans nos sociétés par l’effort conciliant qu’ils mènent pour que chacun vive en paix. »

Ce prix est institué en juin 2016 par le Centre indépendant de recherche et d’initiative pour le Dialogue (Cirid) une institution qui bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations unies. Elle est basée à Genève.  L’organisation se professionnalise dans la gestion pacifique des conflits, en favorisant la formation, la communication et la création d’espaces de dialogue propices au progrès dans les zones de conflits. Son bureau Afrique est basé au Burundi.

Une vie tranquille

Représentant du Cirid en Afrique de l’Ouest et du Centre, Maodo Malick Mbaye, s’est dit « très heureux de remettre ce prix au Sénégal ». Le pays qui, dans son histoire, « a su rester lui-même, surmonter les épreuves dans le dialogue et l’ouverture, jamais dans le repli ». Il a salué le président Macky Sall, « foncièrement habité par la conscience et la conviction que l’unité de notre société doit précéder l’émergence, base de tout développement ».

Doté d’une enveloppe de 50 000 euros (2,8 millions de F.CFA) le prix Macky Sall pour le Dialogue en Afrique a été décerné pour sa première édition en 2017, au Moogho Naaba Baongho, chef spirituel et traditionnel burkinabé.

Âgée de 87 ans, Ngina Kenyatta, plus connue sous le nom de « Mama Ngina », est devenue la quatrième épouse de Jomo kenyatta en 1951. Elle est considérée dans son pays comme « la mère de la Nation », cultivant une apparence chic et glamour.

Traversant les épreuves et les attaques – son nom a été cité dans plusieurs affaires de trafic d’ivoire –, elle est devenue une riche veuve qui aspire à une vie tranquille. Convertie au catholicisme, elle patronne plusieurs œuvres. Elle est la marraine du Kenyan Guiding, l’organisation de filles scout du pays.

KA

EN BREF

Le PAM alerte contre « la pandémie de la faim »

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a reçu officiellement, le 10 décembre, son prix Nobel de la paix. Cérémonie qui a permis à David Beasley, directeur exécutif, de révéler que 270 millions de personnes dans le monde étaient menacées de la famine. 

Ce, « en raison des nombreuses guerres, du changement climatique, de l’utilisation généralisée de la faim comme arme politique et militaire ». Sans compter la pandémie qui aggrave la situation « de façon exponentielle. « Ne pas satisfaire leurs besoins provoquera une pandémie de la faim qui occultera l’impact de la Covid-19 », a-t-il prévenu. 

Il considère que son prix « est plus qu’un merci, c’est un appel à l’action ». En Afrique, le PAM se montre préoccupé de la situation au Burkina Faso, au Soudan du Sud, au nord-est du Nigeria et au Yémen.

 

 

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