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Politique

Mali : La paix, enfin signée

De nouvelles négociations en perspective

Une nouvelle période s’ouvre au Mali : celle de l’application du texte, qui prévoit notamment une décentralisation renforcée du pouvoir, le retour des déplacés et des réfugiés, ou encore le redéploiement de l’armée nationale sur l’ensemble du territoire. Populations, parties prenantes ou membres de la médiation internationale, tous en ont conscience : l’application du texte ne sera pas moins difficile que son élaboration.

À l’issue de la cérémonie, un Comité de suivi rassemblant toutes les parties a été officiellement installé, qui devra fixer les modalités d’application de l’accord… et qui pourrait vite devenir le théâtre de nouvelles négociations tendues. « Le Comité de suivi va se réunir pour organiser les modalités de mise en oeuvre, explique Chéaka Touré, représentant au Mali de la Cedeao et membre de la médiation.

Cette fois, IBK a remercié avec force la communauté internationale et a demandé aux Maliens de « ne jamais oublier » son implication. Le Président lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle poursuive son accompagnement « avec efficacité et diligence. »

Dans les jours prochains, ce Comité sera opérationnel et concrète-ment, sur le terrain, on peut s’attendre à une normalisation progressive. » Le plus important aujourd’hui, poursuit Chéaka Touré, « c’est que tous ces groupes qui ne se voyaient pas puissent se rencontrer rapidement. Nous verrons alors comment faire en sorte que le document soit pris en charge par le gouvernement. »

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, n’apporte pas davantage de précisions puisqu’il appartient au Comité de fixer les échéances, mais il dresse une liste des préoccupations majeures : « En soixante jours, nous devons pouvoir engager le redéploiement de l’armée de façon progressive. Des groupes étudieront aussi le processus de désarme-ment et de démobilisation [des combattants des groupes armés] ; une stratégie de développement doit pouvoir être élaborée, et nous espérons organiser dans les prochaines semaines une conférence des donateurs pour mobiliser toutes les ressources nécessaires à l’application de l’accord ».

Joindre l’acte à la signature

Des priorités qui ne semblent pas les mêmes que celles de Sidi Ibrahim Ould Sidati, signataire de l’accord de paix pour les groupes rebelles : « Nous devons mettre en oeuvre au plus vite les mesures de confiance, explique-t-il. Nous attendons la libération de nos détenus. Il y a aussi la question de la sécurité, et des mesures d’urgence à prendre pour les populations du Nord en cette période de soudure. »

On attend des autorités maliennes qu’elles lèvent une quinzaine de mandats d’arrêts visant des cadres de la CMA. Aussi, le chef de la Minusma (Mission des Nations unies au Mali), Mongi Hamdi, prévoit-il déjà « des moments de doute et de découragement, des tensions et de la méfiance » et appelle chacun à faire preuve « de bonne foi et de bonne volonté » pour « joindre maintenant l’acte à la signature » : « la communauté internationale sera toujours à vos côtés mais elle ne peut pas faire la paix à votre place », avertit Mongi Hamdi, qui rappelle chacun à ses responsabilités : « Il vous appartient de vous mettre au travail. » Lors de la signature de l’accord par le gouvernement, en mai, le président malien avait tenu des propos virulents contre les Nations unies.

Cette fois, IBK a remercié avec force la communauté internationale et a demandé aux Maliens de « ne jamais oublier » son implication. Le Président lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle poursuive son accompagnement « avec efficacité et diligence».

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