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Politique

Mali : La paix, enfin signée

Mali. Après un mois d’hésitations, les groupes rebelles de la CMA ont signé l’accord de paix pour le Nord du pays. Le gouvernement et les autres parties l’avaient paraphé un mois plus tôt. Cette signature ouvre une nouvelle période pour le Mali, celle de l’application du texte.

Des sourires et des sourcils froncés, des accolades et des airs préoccupés : la cérémonie de signature de l’accord de paix par les groupes rebelles, le 20 juin 2015, revêt à la fois la gravité d’un moment historique et le relâchement d’une réunion de famille. Dans le centre international de conférence de Bamako, tout le monde se connaît. On plaisante, on crie « Vive le Mali ! » et « Vive l’Azawad ! », les rebelles arrivent en retard et les journalistes cherchent en vain une enceinte accessible pour poser leurs micros.

Mais lorsque la fanfare militaire malienne, uniformes verts et cuivres lustrés à souhait, ouvre la cérémonie avec l’hymne national malien, tout le monde se lève comme un seul homme. Y compris ceux qu’il convient dorénavant d’appeler « les ex-rebelles » de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Le moment est grave, et ceux qui chantent regardent aussi autour d’eux en ce moment exceptionnel. La signature par les groupes rebelles de l’accord de paix pour le Nord du Mali met fin à trois années et demie de conflit, près d’un an de négociations, et un mois de flou.

Une justification accompagnée de « sincères condoléances à toutes les familles endeuillées par le conflit ». Avant de descendre de scène, l’ex-rebelle tombe dans les bras du président malien, Ibrahim Boubacar Keita : l’image sera reprise dans tous les médias maliens et internationaux.

En effet, depuis que le gouvernement malien et les groupes loyalistes de la Plateforme avaient eux-mêmes signé l’accord, le 15 mai, le Mali vivait une période transitoire où l’accord de paix était officiellement en vigueur, alors que sa mise en oeuvre était, de fait, suspendue à la signature des rebelles et que les combats continuaient sur le terrain. Ce n’est donc que maintenant que les rebelles ont validé le texte, à leur tour, que la paix est véritablement engagée au Mali.

Le représentant des groupes rebelles, Mahamadou Djéri Maïga, se réjouit de «l’aboutissement d’un long et difficile processus de négociation pour résoudre un conflit datant de 1963 », année de la première rébellion touareg. « La paix, cette denrée précieuse que le monde entier recherche, est aujourd’hui indispensable pour le Mali en général et pour l’espace de l’Azawad en particulier. » Le vice-président du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) salue un accord qui n’est certes « pas parfait » mais qui permettra d’engager « un nouveau dialogue direct » et surtout «sans violence » pour trouver des réponses aux problèmes de l’Azawad, terme sous lequel les ex-rebelles continuent de désigner les régions du Nord. « Nous n’avons jamais pris les armes par préoccupation capricieuse, tient à préciser le vice-président du MNLA, nous les avons prises pour ne pas continuer à exister «sans vivre».

Une justification accompagnée de « sincères condoléances à toutes les familles endeuillées par le conflit ». Avant de descendre de scène, l’ex-rebelle tombe dans les bras du président malien, Ibrahim Boubacar Keita : l’image sera reprise dans tous les médias maliens et internationaux. Dans son discours de clôture, le chef de l’État paraphrase un poème chanté mandingue pour qualifier ce « jour merveilleux, sans nul autre pareil » et promet de « faire en sorte que nul ne soit déçu et que, main dans la main, nous construisons un Mali plus beau». « Désormais nous regardons dans la même direction » veut croire « IBK », conscient du « travail acharné » qui reste à accomplir afin de restaurer la paix, de stabiliser le pays, et de « réconcilier les coeurs et les esprits », non seulement dans le Nord, mais dans tout le pays.

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