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Politique

Mali : C’est officiel la junte reste au pouvoir pour au moins cinq ans

Mali : C’est officiel la junte reste au pouvoir pour au moins cinq ans
  • Publiéfévrier 21, 2022

Les soldats au pouvoir à Bamako ont décidé lundi que la période de la transition au terme de laquelle un civil reviendrait au pouvoir serait de cinq ans.

Par Paule Fax

Cette nouvelle décision intervientr contrairement aux engagements préalables pris par les militaires au pouvoir d’organiser la transition dans un delai de dix-huit mois.

De fait, un peu plus de deux mois après son premier coup d’Etat (août 2020), la junte dirigée par le colonel Assimi Goïta avait le 1er octobre 2020 pris fermement des engagements de respecter la durée de la transition.

Aujourd’hui, la junte au pouvoir au Mali vient de décider de rester en place quatre ou cinq années supplémentaires, un délai équivalent à un mandat présidentiel au Ghana ou au Nigéria, option « totalement inacceptable » pour la Cedeao.

Quelques deux ans plus tard, l’assemblée (organe législatif au Mali depuis la prise de pouvoir par les militaires) a validé lundi une période transitoire de pouvant aller jusqu’à cinq ans avant la tenue d’une présidentielle synonyme d’un retour des civils au pouvoir. En clair, elle modifie la charte de la transition.

C’est donc par 120 voix pour (aucune voix contre et aucune abstention) que le Conseil national de transition (CNT), contrôlé par les militaires, a lui aussi approuvé la révision de la charte de la transition. Celle-ci fait office de « loi fondamentale » de la transition avant un éventuel retour des civils à la tête du pays.

Selon la révision de lundi, la durée de la transition sera adossée et conforme aux recommandations formulées à l’issue de consultations nationales de décembre 2021 organisées par la junte.

En effet, celles-ci proposaient une transition allant de six mois à cinq ans tout en maintenant l’ambiguité sur la date précise de la présidentielle.

C’est justement ce poker menteur qui a parasité les rapports entre les putschistes et la Communauté éconnomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ainsi qu’une partie de la communauté internationale.

Depuis la situation s’est dégradée, la Cedeao ayant décidé de sanctionner les autorités maliennes.

Les présidents ouest-africains réunis dimanche 9 janvier 2022 à Accra ont décidé de sanctionner fermement la junte au pouvoir à Bamako. Celle-ci ayant décidé de prolonger la transition. Elle n’envisage plus d’élections le 27 février 2022, comme elle s’y était initialement engagée, mais demande un délai de cinq ans.

Car pour la Cedeao la junte entend prendre « en otage » le pays en se maintenant au pouvoir sans élection pendant des années. Les chefs d’Etat ont donc déployé une batterie de sanctions pour contraindre Assimi Goïta le chef de la junte et ses collaborateurs à revenir à des mesures beaucoup plus modestes.

Bamako est donc sous embargo. Pendant ce temps, à l’ONU, la France proposait un texte visait à obtenir une position unie du Conseil à l’égard de la junte. Ce texte, en réalité un appui aux sanctions de la Cedeao contre Bamako, a été bloqué par la Russie et la Chine.

Ainsi donc après la Cedeao, l’UE a, à son tour, le jeudi 13 janvier imposé des sanctions au Mali conformément aux mesures déjà prises par la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Tout ceci, parce qu’encore une fois la junte est revenue sur son engagement initial d’organiser des élections le 27 février 2022.

Aujourd’hui, elle vient de décider de rester en place quatre ou cinq années supplémentaires, un délai équivalent à un mandat présidentiel au Ghana ou au Nigéria, option « totalement inacceptable » pour la Cedeao.

@NAF

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Outre la durée de la transition fixée entre 6 mois et 5 ans, l’assemblée a, entre autres, décidé de l’interdiction d’une éventuelle candidature du président de la transition à la prochaine présidentielle ; le Conseil national de transition (CNT) s’élargit pour passer de 121 à 147 membres ; et une amnistie devra être accordée aux auteurs des deux derniers putschs menés par Assimi Goïta et ses compagnons. Peu probable que ces décisions soient acceptées par la Cedeao qui avait justement sanctionné Bamako le 9 janvier pour le délai de 4 ans fixé par les assises nationales aux autorités militaires pour conduire la transition.

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Par Paule Fax

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