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Politique

Macron en soutien du G5 Sahel

  • Publiéseptembre 26, 2018

Le Mali, notamment, fait figure de « ventre mou », selon un gradé français, alors que les officiers de la sous-région qui passent par l’EMIA, l’école militaire interarmes d’Atar, au nord de la Mauritanie, reçoivent tous la même formation. « Mais quand ils rentrent chez eux, les officiers maliens sont rattrapés par les problèmes propres à leur pays », commente cette source.

Symbole

Pas facile de combattre ensemble dans ces conditions et, par le passé, la France s’est d’ailleurs employée à mettre du liant entre les différentes armées pour qu’elles acceptent d’évoluer ensemble. Aujourd’hui, le président français veut rétablir la confiance entre les cinq pays du Sahel pour qu’ils parviennent à mutualiser leurs troupes, voire s’ouvrent à d’autres pays « qui, comme le Sénégal, pourraient dans un premier temps avoir le statut d’observateur », a confié à NewAfrican le ministre mauritanien de la Défense, Diallo Mamadou Bathia. En effet, « nous gagnerons cette bataille ensemble et nous le gagnerons par cet engagement militaire, mais nous la gagnerons aussi par un travail diplomatique », a déclaré Emmanuel Macron à son arrivée à Nouakchott.

Le G5 Sahel reste avant tout une « initiative souveraine » des pays sahéliens même si le président français « s’est considérablement investi pour le G5 Sahel dans son action en faveur du développement de la région et de la lutte contre le terrorisme et l’insécurité », a déclaré le chef de l’État mauritanien. « Emmanuel Macron a très tôt apporté son soutien au G5 Sahel en lançant l’initiative Alliance pour le Sahel », a-t-il rappelé précisant qu’il le trouvait « pragmatique et réaliste ».

La France a, en outre, « déployé à nos côtés, des efforts diplomatiques intenses pour permettre l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de résolutions en faveur de la force conjointe du G5 Sahel. Elle s’est aussi engagée dans une importante action de mobilisation de financements pour assurer l’opérationnalisation de cette force ». Mais il n’en démord pas : « Si l’état-major a été attaqué, c’est que subsistent énormément de failles que nous nous devons de corriger si nous voulons stabiliser la région du Sahel», a poursuivi Mohamed Ould Abdel Aziz pendant le sommet de l’UA.

Force africaine

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué l’attentat de Sévaré. Pour la France, l’enjeu d’une force africaine pérenne, financée à 75 % par la communauté internationale et à 25 % par les Africains eux-mêmes, est plus que jamais d’actualité.

Selon l’Élysée, il pourrait s’agir d’une force « coup de poing » qui ne resterait qu’un an ou deux sur un théâtre d’opérations et serait plus efficace que les opérations actuelles de l’ONU. Reste à convaincre Donald Trump de la pertinence de ce nouveau schéma tactique, alors que la Maison Blanche veut privilégier le bilatéral sur le multilatéral et vient d’annoncer des coupes drastiques dans son financement des opérations de maintien de la paix de l’ONU dont elle est l’un des plus gros contributeurs.

La montée en puissance de la force du G5 Sahel, appelée à prendre le relais de la force française Barkhane, est désormais palpable. Lors d’une visite à Paris début juin, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, dont le pays préside le G5 Sahel, avait appelé à « chercher des sources de financement pour les autres années ».

L’ONU lance son plan de soutien au Sahel pour la période 2018-2030. Ce plan vise à mobiliser des ressources publiques et générer des investissements privés dans dix pays (Burkina Faso, Cameroun, Gambie, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Tchad) afin de soutenir les initiatives en cours des gouvernements, des organisations internationales et régionales.

Toutefois, sans une véritable logistique satellitaire dont le coût pourrait baisser si les technologies russes et chinoises étaient appelées au secours, les populations autochtones ont du souci à se faire au regard de la capacité des groupes djihadistes et dissidents de continuer à semer la zizanie au Mali et, vraisemblablement, au Burkina Faso, au Niger, voire dans tous les pays du G5 Sahel.

Écrit par
ade

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