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Politique

L’opposition ivoirienne rejette le calendrier électoral

A cinq mois de la présidentielle ivoirienne, la situation politique se crispe brusquement. L’opposition, dans tout ce qu’elle a quasiment comme partis politiques, rejette le calendrier électoral.

Par Serges David

A l’exception notable du Front populaire ivoirien (FPI, tendance Laurent Gbagbo et Pascal Affi Nguessan) presque tous les opposants ont signé ce document de rejet. Il en est de même pour les partis proches de Guillaume Soro et de Laurent Gbagbo. Si dessous la prise de position tranchée de l’opposition ivoirienne quelques cinq mois avant le scrutin présidentiel d’octobre 2020 :

« C’est avec surprise que les partis politiques de l’opposition ivoirienne ont pris connaissance à travers la presse, du calendrier de l’opération de révision de la liste électorale publié par la Commission chargée des élections en Côte d’Ivoire.

Les partis politiques de l’opposition demandent à cet effet, la convocation urgente d’une rencontre de consensus entre les principaux acteurs du processus électoral sous la facilitation du PNUD.

La programmation ainsi annoncée ne reflète en rien les conclusions des discussions qui se sont déroulées le 06 mai 2020 lors de l’atelier d’information et d’échanges sur le processus électoral organisé par le programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
En effet, à cette rencontre organisée dans le cadre du projet « Appui aux élections en Côte d’Ivoire » (PACE), ont été invités plusieurs Partis et groupements politiques de l’opposition dont le PDCI-RDA, EDS, l’USD, l’URD, le RPP, l’UPCI, le RPCI, CAP-UDD, LIDER et la Commission électorale indépendante (CEI).


A cette occasion, face à quinze (15) partis et groupements politiques, la commission en charge des élections a fait le point de l’état d’avancement des préparatifs des opérations électorales et a exposé sur le mode opératoire de la révision de la liste électorale.
Après la présentation par le président de la Commission chargée des élections, du chronogramme aménagé des activités électorales tenant compte de la crise de la Covid-19, des discussions ont été engagées. Ces discussions ont porté sur le chronogramme d’exécution des opérations électorales, l’état des préparatifs et le mode opératoire de la révision de la liste électorale.
Les représentants des partis politiques ont remercié le PNUD et les Nations unies pour leur assistance électorale et aussi d’avoir offert le cadre de ces échanges.
Les partis politiques, notamment de l’opposition, le PDCI-RDA, EDS, l’USD, l’URD, le RPP, l’UPCI, le RPCI, CAP-UDD, et LIDER ont relevé qu’ils récusent l’organe électoral actuel parce qu’il est inféodé au pouvoir, non consensuel et donc incapable de garantir des élections transparentes et crédibles.
Ils ont insisté sur l’impérieuse nécessité de créer les conditions pour des élections inclusives, équitables et apaisées. Ils ont rappelé qu’ils restaient dans l’attente de la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples sur la CEI et ont exprimé des préoccupations liées, entre autres, à la durée et aux conditionnalités pour l’enrôlement des électeurs.
Après les échanges, les recommandations suivantes, ont été formulées :

1 Les 10 500 lieux de vote soient des centres d’enrôlement ;
2 La durée de l’enrôlement soit d’au moins 30 jours au lieu de 15 jours comme prévu par le chronogramme proposé par la CEI ;
3 Un consensus nécessaire sur les pièces suivantes devant servir pour l’enrôlement : l’extrait de naissance, le certificat de nationalité, la carte nationale d’identité ;
4 Le Système des Nations unies et la communauté internationale devront poursuivre leurs efforts afin de contribuer à créer un consensus et un climat de confiance entre les partis prenantes aux élections.

Au moment où nous nous attendions à une nouvelle rencontre de finalisation des positions après la rencontre avec la Société civile, des décisions unilatérales, non consensuelles et non validées sont annoncées par le président de la Commission chargée des élections.
Par ailleurs, les partis politiques de l’opposition rappellent que l’opération des audiences foraines lancées par le gouvernement afin de faciliter l’inscription des nouveaux majeurs sur la liste électorale s’achève le 1er août 2020.
En conséquence de ce qui précède, les partis politiques de l’opposition ivoirienne, signataires de la présente déclaration :


• rejettent le calendrier annoncé par le président de la CEI qui n’est pas consensuel

• dénoncent et condamnent une fois encore, les attitudes cavalières et méprisantes adoptées par le gouvernement et ses démembrements depuis le début des discussions relatives à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020
• prennent à témoin le PNUD et la communauté internationale, facilitateurs de la dernière rencontre du 06 mai 2020, sur les risques que fait peser sur le processus électoral, la propension du pouvoir au passage en force ;
• invitent les facilitateurs à créer le consensus et le climat de confiance entre les principaux acteurs du processus électoral;
• demandent à cet effet, la convocation urgente d’une rencontre de consensus entre les principaux acteurs du processus électoral sous la facilitation du PNUD.
Les partis politiques de l’opposition demandent à leurs militants et militantes de se mobiliser pour la réussite de l’opération des audiences foraines actuellement en cours et de rester vigilants, mobilisés et à l’écoute des mots d’ordre. Fait à Abidjan, le 26 mai 2020

Ont signé PDCI-RDA, Pr Henri Konan Bédié (PO, PR. Maurice Kakou Guikahué) ; EDS (PR. Georges-Armand Ouegnin) ; UPCI (Me Soro Brahima) ; RPP (Ouattara Gnonzié) ; RPCI (PR. Coulibaly Climanlo Jérome) ; USD (Henri Niava) ; URD (Danièle Boni Claverie) ; CAP-UDD (Laurette Boete) ; LIDER (Monique Gbekia) »

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