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Politique

L’opposition en héritage en Algérie

Le seul parti à pouvoir discuter d’une sortie de crise avec le pouvoir est paradoxalement… le plus vieux parti d’opposition. Le FFS, transcendé par la personnalité de Hocine Aït Ahmed, dont la perspective d’une disparition fait craindre le pire aux militants.

Prenez les partis qui se réclament de l’opposition, le MSP des islamistes ou, aux antipodes, Jil Jadid, où même le régime de Bouteflika. Leur référent est le même ! C’est celui du 1er novembre 1954. Mais au FFS, cet idéal, Hocine Aït Ahmed, acteur nationaliste de génie depuis ses 16 ans, l’incarne réellement. »

Mourad, 39 ans, militant du Front des forces socialistes, est préoccupé. La détérioration de l’état de santé de Hocine Aït Ahmed, leader historique du plus vieux parti d’opposition, hospitalisé en Suisse fin janvier, à 89 ans, après un AVC, a subitement laissé entrevoir le vide que le zaïm, dernière grande figure de la Révolution algérienne, laisserait derrière lui.

« Hocine Aït Ahmed symbolise d’abord notre échec. Car nous n’avons, depuis 1962, pas réussi à mener à bien la construction d’un État de droit, selon les directives de la Déclaration fondatrice du 1er novembre 1954. Nous sommes retombés dans tout ce contre quoi il s’est battu : le clanisme et le régionalisme. Le FFS est d’ailleurs déjà devenu une coquille vide. »

Car l’attachement à celui qui fut un des principaux chefs du Front de libération nationale, père de l’Organisation spéciale à la fin des années 1940, qui préfigura l’action armée de la Toussaint de 1954, démissionna du gouvernement provisoire de la République algérienne pour entrer en résistance, auréolé d’une condamnation à mort et d’un exil forcé, touche les Algériens quelles que soient leurs affinités politiques. « On parle d’un homme dont l’envergure est celle d’un chef d’État, comme tous ceux qui sont sortis de cette école qu’était le PPA-MTLD (héritier de l’Étoile nord-africaine des années 1920, parti indépendantiste), explique Amazit Boukhalfa, journaliste consultant sur les questions historiques. Qui poursuit : « Il faut le dire, c’était un intellectuel. C’est ce qui lui a valu de prendre la tête de l’Organisation spéciale », chargée de former les cadres qui ont mené la guerre de Libération.

Ses pairs voyaient aussi en lui un stratège, et c’est sans doute parce qu’il faisait trop d’ombre à certains, qu’on lui a préféré Ahmed Ben Bella pour diriger le pays. Quand Aït Ahmed ne sera plus là, que restera-t-il ? Sa mémoire, surtout. Celle d’un patriote qui aura consacré sa vie au bonheur de son pays.

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