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Politique

Libye : L’heure du grand rapprochement ?

Gel des avoirs

À l’heure actuelle, les dernières négo­ciations de l’accord prévoiraient la recon­naissance de l’ANL de Haftar comme la véritable armée libyenne, mais sous le contrôle civil du Conseil présidentiel – mini-cabinet – de trois personnes (contre neuf actuellement) toujours dirigé par Faïez Serraj. Haftar pourrait intégrer ce conseil présidentiel ou concourir à l’élec­tion présidentielle qui pourrait avoir lieu en mars 2018.

Pour mener à bien cette feuille de route encore fragile, la communauté internationale a dans sa manche une arme de pression massive : le gel des avoirs. Dans la ligne de mire : tous les acteurs secondaires qui nuisent à cet accord, comme le pré­sident du parlement de Tobrouk, pourtant reconnu par l’ONU, Aguilah Saleh, dont la tactique de blocage systématique de tout processus de conciliation énerve dans les chancelleries, ou encore Salah Badi, chef de milice, proche des islamistes de Misrata, qui, par ses attaques régulières dans les envi­rons de Tripoli, empêche le gouvernement d’union nationale de travailler dans un cli­mat serein.

Menacer le porte-monnaie avait été très efficace contre Abderrahman Sewehli, homme politique proche des islamistes et originaire de Misrata. Longtemps opposé à Sarraj, le chef du Parti de l’union pour la Patrie, s’est rangé derrière lui quand l’ONU s’est fait plus pressante au point d’être devenu le président du Haut Conseil d’État, institution créée par les accords de Skhirat… Ce sera le défi que devra relever Ghassan Salamé, nommé le 20 juin à la tête de l’UNSMIL.

Ce diplomate chevronné, libanais et polyglotte, a été choisi pour ses contacts approfondis avec les différentes parties libyennes, sa connaissance de la mentalité arabe et son expérience comme conseiller de Kofi Annan. La configuration économique et militaire interne et les ten­sions diplomatiques internationales, tout pousse à ce que les dirigeants des factions libyennes se parlent à nouveau et trouvent un accord. Dans le cas contraire, si, comme l’ont montré les six dernières années, les discussions échouaient, un « ancien-nou­vel » acteur serait prêt à jouer les trouble-fêtes : les kadhafistes, notamment à travers la figure de Saïf el-Islam, le fils préféré de l’ancien Guide, officiellement libre depuis début juin.

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