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Politique

Libye : Le quitte ou double de Haftar sur Tripoli

  • Publiéaoût 17, 2018

Haftar pointe ces derniers, « des groupes armés criminels et terroristes payés par le gouvernement d’union nationale », pour remettre les clés du croissant pétrolier à l’Est. « Les adversaires de Haftar sont finalement son meilleur atout. Par leur maladresse et leurs aventures militaires désorganisées, ils lui rendent la tâche facile pour envisager une expansion vers l’ouest et le sud », estime Mohamed Eljarh, un analyste libyen.

Semer la zizanie chez l’adversaire

Car si cette passation de pouvoir n’a duré que quelques jours, elle a introduit la division au sein des principales institutions de la capitale. La Banque centrale de Tripoli (BCT) conserve la main sur la manne pétrolière, mais elle se retrouve affaiblie car elle travaille main dans la main avec la NOC de Tripoli pour verser les salaires.

Or, le libérateur de Benghazi a prouvé qu’il pouvait à tout moment court-circuiter la société pétrolière. Son objectif : pousser au renvoi de Sadiq el-Kébir, le gouverneur de la BCL qui lui est ouvertement hostile. Il veut aussi instiller le doute auprès des groupes armés de l’Ouest qui soutiennent Faez Serraj : « Serons-nous toujours payés si Haftar arrive à manipuler la NOC à sa guise et à placer un proche à la Banque centrale ? »

Un plan, qui malgré des apparences d’échec, fonctionne. Les milices qui contrôlent Tripoli multiplient les actes d’indépendances vis-à-vis du GUN, comme le prouvent les multiples accrochages entre elles dans la capitale. La place de Sadiq al-Kébir n’a jamais été aussi fragile. Reste cette image écornée à l’internationale.

Mais elle ne devrait pas le gêner trop longtemps. Depuis son passage au ministère de la Défense, Jean-Yves Le Drian considère que l’opération Barkhane, qui lutte contre le terrorisme dans le Sahel, coûte trop cher. Pour le ministre français, il faut réussir à stabiliser le sud de la Libye pour alléger le dispositif : « Pour cela, Haftar était, et est toujours, considéré comme notre meilleur allié », affirme un ancien conseiller gouvernemental.

Avec les attentats terroristes et la crise migratoire, la France a fait du sud de la Libye un enjeu plus important que le croissant pétrolier. Les priorités changent, Khalifa Haftar l’a compris. À 75 ans, il n’a jamais été aussi pressé de parachever son triomphe. En aura-t-il le temps ?

Écrit par
Galtier

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