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Politique

Les Occidentaux accusent la Russie de désinformations

Les Occidentaux accusent la Russie de désinformations
  • Publiéfévrier 13, 2024

La France a mis à jour une plateforme russe de propagande, utilisée contre le soutien à l’Ukraine ainsi qu’au Sahel, tandis que les États-Unis dévoilent l’existence d’une agence russe de désinformations en Afrique.

 

Les pays du « triangle de Weimar » (France, Allemagne, Pologne) haussent le ton face à ce que ces pays estiment être des offensives de désinformations venues de Russie. En parallèle, les États-Unis accusent la Russie d’avoir créé une agence de désinformation en Afrique.

Ainsi, la France aurait-elle mis au jour « un réseau structuré et coordonnée de propagande pro-russe », baptisé Portail Kombat, en référence à un célèbre jeu vidéo.

L’organisation, qui possède déjà des bureaux à Ouagadougou et à Bamako, organiserait aussi des évènements sur place. Elle dispose de son propre site web et diffuse via d’autres plateformes

Si l’essentiel des (dés)informations diffusées sur cette plateforme depuis deux ans concerne la guerre en Ukraine, une partie non négligeable participe de la propagande contre la France en Afrique, notamment au Sahel.

À sa création, le réseau, constitué d’au moins 193 sites, couvrait les informations de localités russes et ukrainiennes, il a, dès le lendemain de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, réorienté son activité en ciblant les territoires ukrainiens occupés, puis plusieurs pays occidentaux affichés comme des soutiens à l’Ukraine et à sa population.

Selon la Diplomatie française, les sites de ce réseau ne produisent aucun contenu original mais relaient massivement des publications issues en majorité de trois types de sources : des comptes de réseaux sociaux d’acteurs russes ou pro-russes, des agences de presse russes et des sites officiels d’institutions ou d’acteurs locaux. « L’objectif, outre de légitimer la guerre en Ukraine, serait de déstabiliser les sociétés démocratiques et de saper la cohésion des Occidentaux. » 

Ces dernières semaines, par exemple, ce réseau russe aurait largement fait état de la présence de mercenaires français en Ukraine, une information démentie par Paris. Il s’agit également de diffuser de fausses informations concernant les vaccins ou des affaires supposées de mœurs.

La présence française en Afrique est visée également. « Pendant l’été 2023, le site pravda-fr.com a publié de nombreux contenus traitant des différentes crises survenues dans des pays comme le Niger ou le Gabon, dénigrant la présence française au Sahel ou promouvant un accroissement de la coopération entre la Russie et le continent africain », poursuit le rapport demandé par les autorités françaises

 

« Une désinformation mortelle »

La France accuse divers officiels de l’administration russe, ainsi que des opérateurs privés basés en Russie, d’être directement impliqué dans ce réseau. En ce qui concerne l’Ukraine, la politique de désinformation a « des effets limités », car les citoyens français, dans leur ensemble, soutiennent l’Ukraine. En revanche, de nombreuses informations circulant ou ayant circulé en Afrique, notamment sur des exactions commises par des soldats français au Sahel, ont gravement entaché la réputation de la France.

Sur ce point, le Département d’État des États-Unis, dans une note intitulée « Comment le Kremlin propage une désinformation mortelle en Afrique », porte des accusations directes. La Russie aurait créé une agence, nommée « African Initiative », qui propage de la désinformation sur les États-Unis et les pays européens. En plus de son personnel russe, indique la note, African Initiative recrute au sein de la population africaine des journalistes, des blogueurs et des anonymes chargés de soutenir et d’amplifier le travail de l’organisation. Il s’agit, là encore, de glorifier l’image de la Russie et de dénigrer celle d’autres pays.

Selon les États-Unis, cette agence aurait notamment ciblé les initiatives sanitaires américaines et occidentales sur le continent « en diffusant en diffusant tout d’abord de fausses informations au sujet de l’apparition d’une maladie virale transmise par les moustiques », accuse la représentation diplomatique américaine. Qui déplore « une désinformation dangereuse dans ce domaine ».

L’organisation, qui possède déjà des bureaux à Ouagadougou (Burkina Faso) et à Bamako (Mali), organiserait aussi des évènements sur place. Elle dispose de son propre site web et diffuse via d’autres plateformes, complaisamment relayées par des activistes pro-russes. Sa tactique, déjà éprouvée en Amérique latine, consiste à « blanchir » le contenu émis par Moscou en passant par des particuliers ou des groupes africains, de manière à laisser croire que les informations viennent d’Afrique.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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