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Politique

Les États-Unis veulent croire à un compromis avec le Niger

Les États-Unis veulent croire à un compromis avec le Niger
  • Publiémars 20, 2024

Au sortir d’une réunion de haut niveau, les autorités nigériennes ont demandé le départ des troupes américaines. Washington poursuit ses discussions, redoutant l’influence de la Russie et de l’Iran dans le pays sahélien.

 

Les États-Unis veulent poursuivre leur coopération avec les autorités nigériennes, en dépit de l’injonction qui est faite à leurs forces armées de quitter le pays. Tel est du moins ce qu’a expliqué à la presse la porte-parole du Pentagone, Sabrina Singh, le 19 mars 2024, évoquant une réunion qui s’est visiblement très mal déroulée.

« La semaine dernière, une délégation américaine a rencontré des responsables nigériens, exprimant ses inquiétudes quant aux relations potentielles du Niger avec la Russie et l’Iran, ainsi qu’au statut des forces américaines dans le pays. » Clairement, les Américains redoutent un rapport de force encore plus favorable à la Russie, dans la région du Sahel. « Les discussions longues et directes ont inclus un échange de vues sur la manière de tracer une nouvelle voie de coopération, en soulignant l’importance de respecter la souveraineté du Niger et les préoccupations des deux parties », a poursuivi Sabrina Singh.

Une délégation de haut niveau a rencontré le Premier ministre nigérien Ali Lamine Zeine, plusieurs membres du cabinet, des organisations de la société civile, des experts et des conseillers techniques, ainsi que des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, la junte militaire au pouvoir au Niger.

De fait, cette brouille avec les États-Unis date du coup d’État de 2023 et de la décision –automatique – de Washington de suspendre son aide au développement.

Des diplomates d’autres pays partenaires et d’organisations internationales ont également participé aux réunions.

Bien sûr, les États-Unis ont, depuis cette réunion, pris connaissance de la déclaration prononcée le 16 mars par les autorités nigériennes annonçant la fin de l’accord sur le statut des forces entre le Niger et les États-Unis. « Nous travaillons par les voies diplomatiques pour obtenir des éclaircissements. Ces discussions sont en cours », a commenté le Pentagone.

Actuellement, on compte environ 1 000 militaires américains, y compris des contractants, au Niger. Depuis le coup d’État du 26 juillet dernier au Niger, leur mission consiste à protéger les forces et à consolider la base aérienne 101 à Niamey, la capitale, et la base aérienne 201 dans la ville d’Agadez. Leur mission de lutte contre le terrorisme a cessé depuis le coup d’État du 26 juillet 2023.

 

Condescendance et respect du droit international

« Nous avons été troublés par la voie dans laquelle le Niger s’est engagé », a reconnu Sabrina Singh. De son côté, la Maison Blanche suit de près les activités de défense de la Russie au Niger afin d’évaluer et d’atténuer les risques potentiels pour le personnel, les intérêts et les biens américains.

Il n’empêche, le Niger oblige les États-Unis à revoir leur présence dans le pays. Selon la junte au pouvoir, l’accord de coopération entre les deux pays ne serait qu’une « simple note verbale unilatéralement imposée » par les Américains. Et Niamey de qualifier d’ « injuste » le fait de devoir payer des factures liées aux taxes des avions américains, et de ne jamais avoir d’informations relatives aux opérations des troupes américaines, ni même de leurs effectifs précis.

Le CNSP – la junte au pouvoir – juge que la présence américaine sur le territoire du Niger « est illégale et viole toutes les règles constitutionnelles et démocratiques ». De leur côté, les Américains auraient accusé, au cours de la réunion avec les autorités du pays, le Niger d’avoir signé des accords secrets avec la Russie, dans le domaine militaire, et avec l’Iran, en matière de vente d’uranium. Les partenariats avec ces eux pays « respectent le droit international » rétorque-t-on à Niamey. Qui vient de signer un accord de coopération avec l’Algérie voisine sur la fourniture d’électricité.

La reprise des contacts au plus haut niveau – si l’on oublie que le chef de la junte avait refusé, en décembre, de recevoir la secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines –, les 13 et 14 mars, s’est donc soldée par une incompréhension mutuelle. Niamey parlant de « condescendance » au cours de cette réunion qui lui aurait été imposée.

Certains évoquent déjà des échecs diplomatiques des Occidentaux – Américains et Français – qui profitent directement aux Russes.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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