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Politique

L’enjeu sécuritaire au cœur des élections en RD Congo

L’enjeu sécuritaire au cœur des élections en RD Congo
  • Publiédécembre 6, 2023

La dernière ligne droite des élections voit les candidats s’affronter sur la question de la sécurité. L’opposant Moïse Katumbi fustige le maigre bilan du président Félix Tshisekedi, qui appelle à un sursaut national pour mettre fin aux troubles à l’est de la RD Congo.

 

La campagne électorale en RD Congo se poursuit en RD Congo, à l’approche des élections présidentielles et législatives du 20 décembre 2023. Elle tourne essentiellement autour de deux candidats, Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi, dans un contexte sécuritaire tendu. Les deux principaux candidats, l’ancien président du Kantaga et le président actuel de la RD Congo, multiplient les meetings, attirant les foules. Moïse Katumbi, du parti Ensemble pour la République, a bénéficié du désistement de quatre autres candidats en sa faveur : après l’ancien Premier ministre Augustin Matata, Seth Kikuni, Franck Diongo et Delly Sesanga ont en effet retiré leur candidature à son profit.

La question sécuritaire a contraint l’Union européenne de renoncer à l’envoi d’observateurs dans le pays pour surveiller le scrutin. De son côté, le gouvernement a refusé que l’UE utilise des équipements satellitaires, officiellement de peur de fraudes.  

De son côté, Félix Tshisekedi structure sa campagne autour de la plateforme au pouvoir : Union sacrée de la nation. Il compte sur quelques poids lourds de la politique congolaise, désormais largués au front électoral en sa faveur, tels que Jean-Pierre Bemba,Vital Kamerhe, Modeste Bahati Lukwebo, Jean-Michel Sama Lukonde, Christophe Mboso Kodia.

Les autres candidats comptent, sur la dernière ligne droite la campagne, pour faire oublier des débuts plus discrets, notamment Martin Fayulu et Denis Mukwege.

Au-delà de la question sécuritaire à l’est de la RD Congo, la campagne a été endeuillée par différents drames. Un accident mortel, d’abord, lors d’un meeting de Moïse Katumbi. Et surtout, une terrible bousculade, au sortir d’une réunion publique du Président Tshisekedi, qui a fait six victimes. Le candidat a décidé de marquer une pause de trois jours dans sa campagne. Il en est revenu pour tenir un discours aux tonalités martiales, eu égard à la situation dans l’est du pays, accusant le voisin Rwandais d’agression.

Depuis deux ans, la province du Nord-Kivu subit des attaques du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe rebelle soutenu par le Rwanda. Dans la province voisine de l’Ituri, des groupes djihadistes affiliés à l’État islamique sèment la terreur. Tandis que Félix Tshisekedi en appelle à un sursaut national, allant même jusqu’à invoquer les ambitions de l’ancien homme fort du pays, Laurent-Désiré Kabila, de « libérer la RDC », ses adversaires soulignent que la situation ne fait que se dégrader.

 

Propos de campagne

La région de l’Est de la RD Congo cristallise les attentions. Ses richesses minières en font l’une des zones – potentiellement – les plus riches du pays, mais la situation de guerre permanente en fait l’une des zones où les populations déplacées sont les plus nombreuses. Selon l’Organisation Internationales pour les Migrations, 6,9 millions de personnes ont dû fuir leurs foyers au cours de ces dernières années. 

Le gouvernement a pris différentes initiatives ces dernières années, à commencer, en 2021 par l’instauration de l’état de siège, dans les deux provinces, Nord-Kivu et Ituri. Progressivement, les fonctionnaires sont remplacés par des militaires. Malheureusement, les milices continuent d’imposer leur loi ou de terroriser les populations. Ces derniers mois, le Président en appelait surtout au patriotisme des Congolais, notamment des jeunes, à qui il demande de se mobiliser contre les agresseurs. L’État finance des formations au patriotisme, dans le but de constituer une armée de réserve contre les groupes rebelles.

Dans un meeting à Goma, capitale du Nord-Kivu, Moïse Katumbi a critiqué le bilan sécuritaire du Président : « Cela fait longtemps qu’ils pleurent suite aux histoires du M23 et du Rwanda, ont-ils trouvé la solution ? Moi je viens trouver la solution ; ma politique, c’est tu attaques, j’attaque ! Tu prends, je reprends ! ». Et le candidat de fustiger la faiblesse des moyens militaires.

La question sécuritaire est également au cœur de la campagne de Denis Mukwege. Le prix Nobel de la paix entend reformer les systèmes de défense et de sécurité du pays par le perfectionnement du corps de la police à travers les formations de criminologie, police des frontières, police de proximité, police des mines et autre police scientifique.

Et le candidat de définir les urgences, rapporte BBC News : « Procéder à un état des lieux général de l’armée, améliorer la gestion des stocks d’armes, mettre en place un système de traçabilité des munitions et des armes mises à la disposition des soldats et des policiers, assurer un respect martial de la chaîne de commandement et forger une armée qui saura distinguer et récompenser les mérites et châtier l’indiscipline et professionnaliser les structures administratives de l’armée. »

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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