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Politique

L’engagement pour l’effort de guerre

Les Camerounais font taire leurs divergences pour soutenir leur armée, confrontée à la secte Boko Haram, acceptant de se soumettre à « l’effort de guerre ». Analyse des contours de cette opération coup de coeur multiforme.

La guerre coûte cher. Celle que le Cameroun livre à Boko Haram depuis près d’un an dans la partie septentrionale de son territoire ne déroge pas à cette réalité. Elle est évaluée à ce jour à plus de 650 milliards de F.CFA. Or, l’une des clés pour la victoire dans un conflit armé réside dans son financement. Les Camerounais font bloc autour de ce qu’ils appellent « l’effort de guerre », afin de soutenir économiquement leur gouvernement.

Ce, d’autant qu’ils savent qu’une guerre se gagne au prix du sacrifice. Et que leurs forces de défense (6 000 hommes) payent déjà assez de leur sang pour la paix de la nation, face à la barbarie des troupes d’Abou-bakar Shekau, leader de Boko Haram. Raison pour laquelle depuis plusieurs mois, un élan de solidarité a spontanément vu le jour ; il gagne les différentes couches de la population. C’est ainsi que le département de la Sanaga maritime, dans la région du Littoral, a récemment collecté 40 millions de F.CFA. Dans une opération « coup de coeur » lancée le 28 février dernier, par le sénateur Grégoire Mba Mba, le département de l’Océan, dans le Sud du pays, a rassemblé plus de 19 millions de F.CFA. Ce montant n’inclut pas toutes les denrées alimentaires données par les habitants de Kribi, la capitale départementale, et des environs. Dans le Bamboutos, région de l’Ouest, il a par exemple été remis au ministère de la Défense, la somme de 22 millions de F.CFA. La région du Littoral dont Douala est la capitale a participé à hauteur 334 millions de F.CFA.

Ce qui au départ est parti d’un élan spontané a été récupéré ensuite par des membres du gouvernement, afin d’être plus structuré. Aussi, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce, a créé une chaîne de solidarité en direction des opérateurs économiques. Ceux-ci n’en demandaient pas tant. Le 26 février, soit une semaine après, une impressionnante cargaison de produits alimentaires était réceptionnée à la base aérienne militaire de Yaoundé. Preuve, s’il en fallait encore, de la générosité des 40 entreprises de distribution et de l’agroalimentaire.

 

Les Camerounais contribuent à « l’effort de guerre », afin de soutenir économiquement leur gouvernement.

Cette cargaison était constituée de plus de 1 000 tonnes de riz, des centaines de cartons de sardines, du sucre, des palettes d’eau minérale… Edgar Alain Mebe Ngo’o, ministre délégué à la présidence de la République, qui était chargé d’acheminer ces produits alimentaires dans l’extrême-Nord du pays, ne put cacher son émotion : « Je n’ai pas de mots pour traduire ma pensée devant cet acte citoyen et patriotique. Qui mieux que les hommes d’affaires connaissent le prix de la paix ? »

À part les soldats camerounais et tchadiens, les populations sinistrées par les exactions de Boko Haram seront les autres bénéficiaires de ces denrées alimentaires. Une partie de l’aide à l’armée provenant des entreprises de distribution, résulte des dons des clients de ces enseignes. Il s’agit là du résultat du second volet de l’initiative lancée par Mbarga Atangana, ministre du Commerce.

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