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Politique

Le Maroc soigne ses budgets sociaux

Le Maroc soigne ses budgets sociaux
  • Publiéjuin 4, 2024

Salaires plus élevés pour les fonctionnaires et assimilés, budgets augmentés pour les services publics, factures d’eau et d’électricités gelées… Le Maroc finance des filets sociaux renforcés.

 

S’agit-il d’acheter la paix sociale ? Le gouvernement marocain a accordé l’ouverture de crédits supplémentaires de 14 milliards de dirhams (1,26 milliard d’euros). Selon le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa (photo ci-dessus), il s’agit de soutenir les organismes publics affectés par la hausse des prix, et couvrir, en effet, les dépenses de personnels. Ceux-ci ont augmenté à la suite de négociations entre l’État et les partenaires sociaux.

Visiblement, le gouvernement cherche à lustrer son vernis « social » dans un contexte rendu plus difficile par le contexte international, une politique saluée par les agences de notations et le FMI.

Plus généralement, il s’agit aussi de suivre le cap « social » fixé par Mohammed VI en 2022, devant le ralentissement de la croissance économique mondiale, à laquelle le Maroc n’échappe pas.

Le ministre considère ces financements supplémentaires « urgents et nécessaires ». Dans le détail, 4 milliards de dirhams iront à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) qui pourra ainsi éviter une augmentation des prix préjudiciable aux ménages modestes. Sauf imprévus, les factures d’eau et d’électricité des Marocains ne bougeront pas cette année, en dépit du contexte mondial. « La nouvelle approche adoptée par le gouvernement Dans le Dialogue social vise à renforcer le pouvoir d’achat de la classe moyenne, affectée par les fluctuations des prix au niveau international », commente Fouzi Lekjaa.

À hauteur de 6,5 milliards de dirhams (585 millions d’euros) donc, cette manne budgétaire servira à concrétiser la parole du gouvernement prononcée à l’occasion de ce « Dialogue social ». Dont le montant total pourrait atteindre 45 milliards de dirhams en 2026 (4,05 milliards d’euros). Cette distribution concerne environ 4,2 millions de salariés des établissements publics ou fonctionnaires.

Selon le ministre du Budget, ces dépenses supplémentaires sont aussi le fruit de recettes fiscales qui s’améliorent. Elles avoisineraient 14,3 milliards de dirhams au 31 mai, en hausse de 14,6 %. Même satisfaction du côté des recettes douanières, en hausse de 10,5% sur un an. Le ministre Lekjaa y voit le fruit des réformes visant à augmenter l’assiette fiscale.

 

La Sécurité sociale pour tous

Selon le gouvernement, cette dynamique favorable permettra de dégager les marges financières pour de nouveaux crédits. Notamment, l’État doit rechercher 3,5 milliards de dirhams pour soutenir Royal Air Maroc et financer les dépenses urgentes liées aux produits de consommation agricoles jusqu’à la fin de cette année.

Visiblement, le gouvernement cherche à lustrer son vernis « social » dans un contexte rendu plus difficile par le contexte international, une politique saluée par les agences de notations et le FMI.

Par exemple, 3,9 millions de ménages marocains, parmi les plus vulnérables, bénéficient de l’aide AMO (Assurance maladie obligatoire) Tadamon en plus des ayants droits. Soit environ 8 millions de personnes en tout. Les aides sociales directes bénéficient à 3,7 millions de ménages, dont 5,2 millions d’enfants. Il en coûtera 35 milliards de dirhams (3,15 milliards d’euros) en 2024 et 40 milliards (3,6 milliards d’euros) en 2025 au budget de l’État.

L’effort budgétaire touche aussi l’éducation, dont le budget est passé de 55,64 milliards à 73,9 milliards de dirhams (6,65 milliards d’euros) entre 2020 et 2024, soit une hausse de 33%. Sur la période, le budget de la protection sociale et de la santé a bondi de 65% à 18,68 milliards de dirhams (1,68 milliard d’euros).

 

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En bref

Appui aux industries créatives

 

Le patronat marocain, appuyé par l’Union européenne, lance le projet « ICC, Innovation et diversité, accélérateurs de développement ». D’une durée de quatre ans, ce projet ambitionne de stimuler l’émergence du secteur des industries créatives au Maroc, et par là même croissance économique et emplois. La Fédération de entreprises créatives (FICC) aura davantage de moyens pour son plaidoyer auprès des bailleurs de fonds, de l’État, pour encourager l’entrepreneuriat culturel, renforcer le cadre juridique, notamment par un statut nouveau de l’entreprise culturelle.

« Les actions inscrites dans ce programme permettront d’ouvrir de nouvelles perspectives pour un secteur à fort potentiel en termes de créations d’emplois et d’appui à d’autres secteurs stratégiques tels que le tourisme et le développement territorial », commente Neila Tazi, du syndicat patronal CGEM. Qui pourra compter sur une enveloppe budgétaire de 600 000 euros pour mener à bien sa mission.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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