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Politique

L’année de tous les dangers en RD Congo

L’année de tous les dangers en RD Congo
  • Publiédécembre 27, 2022

L’opposition s’organise, en RD Congo, à un an des élections présidentielles. Elle accuse le pouvoir de Félix Tshisekedi de biaiser le processus électoral, en empêchant des candidatures. Le tout dans un contexte tendu avec le voisin rwandais.

 

Le gouvernement promet de nouvelles élections en décembre 2023, mais la campagne électorale ne s’annonce pas des plus sereines. En revanche, la crise avec le voisin rwandais prend un tour nouveau, la communauté internationale semblant hausser le ton face à Kigali, accusant le régime de Paul Kagamé d’aider les groupes armés séparatistes.

Sur le plan intérieur, les derniers jours ont été marqués par la charge de personnalités de l’opposition contre le président Félix Tshisekedi. Ces personnalités, dont le lauréat du prix Nobel Denis Mukwege (photo ci-dessus), peu habitué des coups d’éclat politiques, accusent Kinshasa de pratiquer une « politique d’externalisation de la sécurité nationale à des forces étrangères et, pire, à des États à la base de la déstabilisation du pays, au lieu de le doter le pays d’une armée efficace ».

Il apparaît de plus en plus difficile au Rwanda de nier ses responsabilités. Pourtant, « le problème n’a pas été créé par le Rwanda et n’est pas le problème du Rwanda, c’est le problème du Congo », martèle le président Paul Kagamé.

Le texte est également signé par Martin Fayulu, candidat malheureux des élections présidentielles de 2018, et l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Qui dénoncent « le résultat d’un déficit criant de leadership et de gouvernance de la part d’un régime irresponsable et répressif ».

Évoquant le calendrier électoral, ces personnalités expriment « leur profonde inquiétude sur le caractère non inclusif du processus électoral ainsi que  sur la violation de la constitution notamment en ce qui concerne les poursuites judiciaires engagées contre certains acteurs politiques » dans le but de les éliminer du processus électoral. Plaidoyer pro-domo de la part d’Augustin Matata Ponyo qui est sous le coup d’une accusation de détournements de fonds, qu’il considère comme infondée. L’ancien Premier ministre et Martin Fayulu, s’ils ne sont pas entravés sous un prétexte quelconque, devraient faire acte de candidature à la présidentielle prévue pour décembre 2023. De son côté, Denis Mukwege n’a pas fait part de ses intentions, bien que ses déclarations récentes laissent à penser qu’il souhaite se lancer dans la course.

 

Le Rwanda sur la sellette

En revanche, les opposants rejoignent le président Tshisekedi concernant la crise à l’est de la RD Congo. Ils appellent au « retrait immédiat » des forces du M23, appelant les Nations unies à « une condamnation ferme du Rwanda ».

Sur ce point, ils seront probablement entendus tout prochainement. Un rapport d’experts de l’ONU, en cours de publication formelle, détaille les exactions commises par ce groupe armé dans la province du Nord-Kivu. Depuis des décennies, cette région de l’est de la RD Congo est le théâtre de conflits entre plus de 120 groupes armés qui cherchent à conquérir le contrôle des riches terres minières. De son côté, le M23, – allusion à l’accord du 23 mars 2009 qui prévoyait l’intégration de rebelles dans l’armée régulière –, a refait surface en 2021. Ces « rebelles » exercent des pressions physiques sur les populations, également contraintes de payer des taxes à son intention, dénoncerait ce rapport de l’ONU.

Le Congrès américain a demandé au secrétaire d’État Antony Blinken de l’informer quant aux violations présumées des droits de l’homme au Rwanda et du rôle de ce pays dans la situation à l’est de la RD Congo. Il s’agit d’évaluer le soutien apporté par le Rwanda aux forces du M23 et de l’impact d’un tel soutien sur les populations civiles et la stabilité dans la région.

Il apparaît de plus en plus difficile au Rwanda de nier ses responsabilités. Pourtant, « le problème n’a pas été créé par le Rwanda et n’est pas le problème du Rwanda, c’est le problème du Congo », martèle le président Paul Kagamé.

Déjà, le 21 décembre, la France a « condamné le soutien » du Rwanda au M23, demandant que « le processus de Luanda et de Nairobi puisse être intégralement mis en œuvre ». Lequel prévoit le démantèlement des groupes rebelles. En attendant, les combats se poursuivent entre le M23 et l’armée congolaise, appuyée par endroits par des milices de défense.

C’est dans ce contexte tendu que la RD Congo prépare la visite du pape François, prévue du 31 janvier au 5 février 2023, à Kinshasa puis à Juba, dans le nord du pays. Voici déjà plusieurs semaines que l’hypothèse d’une visite à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a été écartée.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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