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Politique

L’Algérie et l’alternance

L’Algérie. Le quatrième mandat d’un président affaibli exacerbe le débat sur le conflit des générations au pouvoir en Algérie. L’impossible renouvellement des élites semble à l’origine de la crise politique actuelle.

Mai 2012, le président Abdelaziz Bouteflika lâche une bombe : « Cinquante ans plus tard, le rôle de la famille révo-lutionnaire dans la gestion des affaires du pays est terminé. » Et d’une phrase depuis restée culte, il conclut : « Jili tab jnanou » (ma génération est arrivée à terme). Les médias et une bonne partie de la classe politique, surpris par cette sortie inat-tendue, évoquent « un discours d’adieu » et la fin de « la légitimité historique » qui maintient la génération de la guerre d’in-dépendance au pouvoir depuis 1962. Mais la réélection du Président, malgré son état de santé, à un quatrième mandat, en avril 2014, fait voler en éclats toutes ces lectures. La génération de la révolution ne veut définitivement pas laisser de place à l’alternance, réclamée aussi bien par l’opposition que par les cadres de l’État, tous secteurs confon-dus, jusqu’aux forces armées.

Quoi qu’il advienne aujourd’hui, cette légitimité historique aura maintenu durant des dizaines d’années les cadres issus des générations d’après-1954 dans un rôle secondaire, celui de serviteurs de leurs aînés, jaloux de leur pouvoir. Sur l’impossibilité entretenue de faire passer le relais à une nouvelle génération de cadres, de politiques et d’officiers, à l’origine du blocage politique que connaît le pays, Abderrahmane Hadj-Nacer, ex-gouverneur de la Banque d’Algérie, a son avis : « Il faut revenir à la synchronisation des générations avec les fonctions, et non pas garder les plus vieux à leur poste de décision envers et contre tous, car c’est cela qui a cassé la machine de l’État. »

D’autant plus, sou-ligne l’ancien responsable, mis à la retraite à 40 ans, que la génération au pouvoir n’a qu’une légitimité fragile : « La seule légitimité sur laquelle repose le régime, c’est la légitimité dite révolutionnaire. Ce n’est pas la légitimité historique. Si c’était le cas, nous aurions dû, dès 1962, reconnaître que la Présidence aurait pu se jouer entre Ferhat Abbas et Messali Hadj. Or, on a voulu nier leur combat. Un combat fondamental. Après le Congrès de Tripoli, la révolution était celle de quelques hommes. La révolution signifiait alors la force contre la légitimité de l’histoire… ». 

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