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Diplomatie Politique

La vision de la Maison Blanche

La vision de la Maison Blanche
  • Publiéaoût 15, 2022

L’Afrique subsaharienne joue un rôle essentiel dans l’avancement des priorités mondiales au profit des Africains et des Américains, considère une note publiée par les services du président Joe Biden.

 

Par Laurent Soucaille

L’Administration américaine veut convaincre de ses engagements et de ses partenariats en Afrique. Le continent, rappelle un document de 17 pages publié en août 2022 par la Maison Blanche, possède l’une des populations à la croissance la plus rapide au monde, les plus grandes zones de libre-échange, les écosystèmes les plus diversifiés et l’un des plus grands groupes de vote régionaux aux Nations unies. « Il est impossible de relever les grands défis d’aujourd’hui sans la contribution et le leadership de l’Afrique », proclame le document.

Qui poursuit : la région jouera un rôle de premier plan dans les efforts visant à mettre fin à la pandémie de Covid-19, à lutter contre la crise climatique, à inverser la tendance mondiale au recul de la démocratie, à lutter contre l’insécurité alimentaire mondiale, à promouvoir l’équité et l’égalité entre les hommes et les femmes, à renforcer un système international ouvert et stable. Sans oublier le besoin de façonner les règles du monde sur des questions essentielles telles que le commerce, le cyberespace et les technologies émergentes, ainsi que la lutte contre le terrorisme et le crime transnational.

« La force de cette stratégie réside dans sa détermination à sortir des politiques qui, par inadvertance, traitent l’Afrique subsaharienne comme un monde à part et qui ont eu du mal à suivre le rythme des profondes transformations que connaissent le continent et le monde. Cette stratégie appelle au changement car la continuité est insuffisante pour faire face à la tâche qui nous attend. »

La vision « Biden-Harris » reconnaît « les possibilités considérables et positives » qui existent pour faire avancer les intérêts communs aux côtés de leurs partenaires africains.  « Dans le même temps, nous reconnaissons que le potentiel de l’Afrique continuera d’être mis à mal tant que des conflits meurtriers diviseront les sociétés, que la corruption entravera le progrès économique, que l’insécurité alimentaire accroîtra le risque de famine et de malnutrition et que la répression étouffera les droits de l’homme et l’expression démocratique. »

D’ailleurs, le président Joe Biden déclarait dans son discours à l’Union africaine, en 2021 : « Rien ne sera facile, mais les États-Unis sont prêts dès maintenant à être votre partenaire, dans la solidarité, le soutien et le respect mutuel ».

Les États-Unis veulent poursuivre quatre objectifs principaux en Afrique subsaharienne. Premièrement, favoriser les sociétés ouvertes. Les Américains ont un intérêt constant à ce que la région reste ouverte et accessible à tous et à ce que les gouvernements et les populations soient en mesure de faire leurs propres choix politiques, conformément aux obligations internationales.

 

Sécurité et démocratie

Une vision pragmatique affichée : les sociétés ouvertes sont plus enclines à faire cause commune avec les États-Unis, à attirer davantage de commerce et d’investissements américains, à mener des politiques visant à améliorer les conditions de vie de leurs citoyens et à contrer « les activités néfastes » de la Chine ou de la Russie.

Deuxièmement, les pays africains doivent recevoir les « dividendes » de la démocratie et de la sécurité. En relevant simultanément ces deux défis et en réaffirmant que la démocratie apporte des avantages tangibles, les États-Unis peuvent offrir des choix positifs aux Africains qui déterminent leur propre avenir.  « Nous aiderons l’Afrique à bénéficier des dividendes de la démocratie et de la sécurité », stipule la note de la Maison Blanche. Qui veut « endiguer » la récente vague d’autoritarisme et de prises de pouvoir militaires, soutenir la société civile, faire entendre la voix des jeunes. Il s’agit aussi d’améliorer la capacité des partenaires africains à faire progresser la stabilité et la sécurité régionales. Et de réduire la menace que font peser les groupes terroristes.

Troisièmement, les États-Unis veulent favoriser la reprise économique du continent. Il est essentiel de s’attaquer à deux des problèmes les plus urgents de la région : la pandémie de la Covid-19 et ses conséquences économiques et sociales. L’Administration américaine s’engage à donner la priorité aux politiques visant à mettre fin à la pandémie et à renforcer les capacités de santé. Ce qui passe par le soutien des initiatives de fabrication de vaccins et d’autres contre-mesures médicales.

 

Une transition énergétique « juste »

Au plan économique, promouvoir une trajectoire de croissance plus forte et la viabilité de la dette passe par le biais du Partenariat pour les infrastructures et les investissements mondiaux (PGII), de Prosper Africa, Power Africa, Feed the Future, et d’une nouvelle initiative pour la transformation numérique.

Enfin, quatrièmement, les États-Unis veulent soutenir l’adaptation au climat et une transition énergétique « juste ». Les efforts déployés par l’Afrique pour préserver et restaurer les écosystèmes et les riches ressources naturelles du continent – tout en réalisant les objectifs d’accès à l’énergie et de sécurité énergétique, en diversifiant son bouquet énergétique et en créant des chaînes d’approvisionnement durables –, sont essentiels pour lutter contre la crise climatique mondiale. Il s’agit de gérer et restaurer « les riches écosystèmes naturels du continent ». De soutenir les efforts des pays et des communautés pour minimiser les impacts du changement climatique, et d’accélérer la transition vers un avenir énergétique propre et la sécurité énergétique. La stratégie passe enfin par la poursuite des partenariats public-privé pour développer et sécuriser de manière durable les minéraux essentiels qui alimenteront les technologies d’énergie propre.

@NA

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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