x
Close
Politique

La réalité de l’argent politique

La réalité de l’argent politique
  • Publiénovembre 19, 2014

L’État impuissant

Profitant de l’affaiblissement de l’État et de l’absence de mécanismes efficients de contrôle public de l’argent politique, dont les flux transitent, parfois, par des circuits informels, échappant ainsi au système bancaire, certains partis politiques et, surtout, les plus grands d’entre eux, ne se gênent pas d’afficher une richesse insolente, en organisant des meetings électoraux à l’américaine, en maillant les quartiers populaires et en offrant des cadeaux aux familles démunies (moutons pour l’Aid El-Idha, fournitures scolaires pour les élèves, dépenses des fêtes de mariage et de circoncision, couffins pour les ménagères…).

Ces faits sont banalisés et les autorités publiques apparaissent désarmées face aux pratiques des partis politiques qui, en prenant le contrôle de l’instance législative, semblent avoir aussi mis la main sur les appareils de l’État et neutralisé ses dispositifs de contrôle. Certes, les partis sont tenus par la loi de révéler sinon leurs sources de financement, du moins de présenter un rapport annuel détaillé sur leurs recettes et dépenses à la Cour des comptes. Pourtant, la plupart des partis ne respectent pas, ou ne respectent que trop partiellement, cette exigence légale. Quant à la Cour des comptes, elle est handicapée par le manque de moyens matériels et de compétences spécialisées dans le contrôle des flux de l’argent politique. Il suffit d’imaginer le nombre d’experts-comptables devant être mobilisés pour contrôler les comptes de quelque 150 partis et 16 000 associations pour prendre conscience de l’ampleur de la tâche.

Reste une autre question : comment les partis financent-ils leurs activités ? Officiellement, ils sont financés par les cotisations de leurs membres et les subventions publiques attribuées au prorata de leur représentation parlementaire. On sait, néanmoins, que les montants recueillis grâce à ces deux sources ne suffisent pas à payer les loyers et frais de fonctionnement des centaines de bureaux que ces partis, notamment les plus grands d’entre eux, possèdent sur tout le territoire de la République, sans parler des salaires des centaines d’employés à temps plein.

Écrit par
ade

exaple example example

Article précédent

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *