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Politique

La réalité de l’argent politique

Véritable fléau, qui risque de dévoyer la jeune et fragile démocratie tunisienne, ou simple serpent de mer, l’argent politique est toujours difficile à tracer et à débusquer. Le monde des affaires n’est pas épargné.

Le phénomène de « l’argent politique » est apparu pour la première fois en Tunisie lors des premières élections libres et transparentes organisées dans le pays, le 23 octobre 2011. On l’avait alors évoqué pour expliquer la victoire des uns et la défaite des autres, mais si certains ont affirmé avoir été témoins de scènes de distribution d’argent, notamment dans les quartiers pauvres et les zones rurales, pour amener les électeurs à voter pour tel ou tel parti, personne n’a pu vraiment apporter des preuves pouvant justifier une enquête judiciaire.

Plus grave encore : trois ans plus tard, une constitution et une nouvelle loi électorale, le pays n’est pas arrivé à mettre en place un cadre juridique et un dispositif judiciaire, administratif et financier pouvant assurer un meilleur contrôle du financement des partis et des associations et combattre efficacement le phénomène de l’argent politique qui risque de compromettre la jeune et fragile démocratie tunisienne.

Reste une autre question : comment les partis financent-ils leurs activités ? Officiellement, ils sont financés par les cotisations de leurs membres et les subventions publiques attribuées au prorata de leur représentation parlementaire.

Conséquence : au lendemain des législatives du 26 octobre 2014, les perdants comme les gagnants ont été unanimes à dénoncer, encore une fois, l’argent politique, qui aurait pris une dimension inquiétante dans le pays et influé, ne fût-ce qu’en partie, sur les résultats du scrutin. Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux où l’on voit des personnes, dans les environs des bureaux de vote, distribuer de l’argent à des électeurs qui ne trouvaient aucune gêne à vendre leur vote à 30 ou 50 dinars.

L’authenticité de ces vidéos et des nombreux témoignages à ce sujet diffusés par des citoyens devrait être confirmée (ou infirmée) par l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), chargée d’organiser et de superviser les élections, mais celle-ci semble dépassée par l’ampleur de la tâche. Elle ne dispose pas de l’autorité nécessaire et des moyens, matériels et humains, pour s’en acquitter, sachant qu’une décision invalidant telle ou telle liste électorale ou condamnant tel ou tel parti risque de provoquer un séisme politique.

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