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La RD Congo choisira son Président le 20 décembre 2023

La RD Congo choisira son Président le 20 décembre 2023
  • Publiénovembre 28, 2022

Le président Félix Tshisekedi devrait prendre part à la course à sa succession qui s’achèvera dans treize mois. Ce scrutin constitue un défi pour l’État compte tenu des caractéristiques de ces élections et du climat tendu dans le nord-est du pays.

 

La CENI (Commission électorale nationale indépendante) de RD Congo a surpris, en annonçant durant le week-end du 26 novembre 2022 le calendrier électoral. Beaucoup reprochaient en effet à cette institution de tarder à prendre une décision.

Finalement, les Congolais sont convoqués pour les élections présidentielles dans treize mois, précisément le 20 décembre 2023. Le nouveau président prendrait ses fonctions le 20 janvier suivant. En RD Congo, l’élection présidentielle s’effectue en un seul tour de scrutin. Sont organisées le même jour les élections législatives, les élections régionales et celles des délégués municipaux…

Cette annonce intervient alors que le Nord-Kivu connaît enfin un semblant de calme, après des semaines de conflits violents. Quelques affrontements se déroulent encore, notamment dans les zones proches du Rwanda.

Le président de la CENI, Denis Kadima, reconnaît qu’organiser un scrutin constituera « un défi », dans certaines parties du pays. Progressivement, chacune des 26 provinces recevra un calendrier précis de relevé des listes électorales. À noter qu’en RD Congo, c’est une plateforme électorale composée de représentants religieux qui est chargée de « sensibiliser » les électeurs avant le scrutin. Cette plateforme de confessions religieuses, dont ce sont retirés les représentants catholiques et protestants, avait d’ailleurs fait élire Denis Kadima – réputé proche du président Tshisekedi –, à la tête de la CENI.

Outre les aspects sécuritaires, la tenue de ces multiples élections constituera aussi un défi logistique. L’opposition n’a pas manqué de s’étonner de ce calendrier dépourvu de détails sur l’organisation de sa mise en œuvre. Elle s’étonne aussi du choix d’un mercredi, un jour ouvré et travaillé, pour organiser un scrutin d’une telle importance, alors que d’ordinaire, il se déroule un dimanche. De même, le vote de la diaspora risque de susciter la polémique : la CENI choisira quels pays étrangers pourront organiser des élections. « Sur quelles bases ? », s’interroge Prince Epenge, de la plateforme d’opposition Lamuka, interrogé par France24.

 

Sous le poids des bottes

Le président Félix Tshisekedi avait, bien avant la décision de la CENI, annoncé son intention de se représenter, afin de « concrétiser une vision pour le pays ». Il promettait qu’il s’agirait de son second et dernier mandat.

Ces prochains mois, d’autres personnalités devraient se lancer dans la course. Pourquoi pas Martin Fayulu, arrivé en tête lors du scrutin de 2018 mais privé de Présidence par un accord électoral conclu par ses rivaux, autour de Félix Tshisekedi. De son côté, un autre candidat de 2018, l’ancien ministre de la Culture Sylvain Maurice Masheke Ngerakuyi, a qualifié ce calendrier de « politiquement correct mais techniquement impossible ». Il juge que le pays ne peut pas tenir des élections en 2023, du fait de « diverses contraintes », notamment « sécuritaires et sanitaires, financières, politiques ou légales, techniques ». Et d’en appeler à un « dialogue national » afin de régler la situation et d’éviter « un nouveau Martin Fayulu » ; entendez, un nouveau candidat gagnant mais écarté du pouvoir.

Réagissant à l’annonce de la CENI,  Jérôme Mboso, coordonnateur de la plateforme Agir pour des élections transparentes et apaisées, voit là « un document qui faisait défaut, car le calendrier a un caractère contraignant et s’impose à toutes les parties prenantes tandis qu’une feuille de route n’a pas ce caractère ».

Pour le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ce calendrier constitue « une réponse à tous ceux qui avaient des doutes quant à la volonté du gouvernement d’organiser des élections ». Cela posé, reconnaît-il, « c’est un fait qu’aujourd’hui, une partie de la République ploie sous le poids des bottes » ; pour autant, « cela n’empêche pas le gouvernement de continuer à travailler ». L’État aurait déjà déboursé 80% des frais nécessaires à la bonne tenue de ce scrutin.

Cette annonce intervient alors que le Nord-Kivu connaît enfin un semblant de calme, après des semaines de conflits violents. Quelques affrontements se déroulent encore, notamment dans les zones proches du Rwanda, tandis que le principal mouvement rebelle, le M23, se déclare « pas concerné » par l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 25 novembre. Un nouveau tour de table de négociations a débuté, ce 28 novembre, à Luanda. Les rebelles partent du principe qu’ils respectent un cessez-le-feu qu’ils ont eux-mêmes décidé de leur côté, mais se tiennent prêt à se défendre si le gouvernement de Kigali veut les chasser du pays, comme il en a manifesté l’intention.

Dans un contexte aussi tendu, alors qu’une grande partie de la population est déplacée et habite dans des abris de fortune provisoires, cette province risque d’être mise à l’écart du prochain scrutin électoral, redoute déjà une partie des citoyens.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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