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Politique

La question des déplacés touche aussi l’Afrique de l’Ouest

La question des déplacés touche aussi l’Afrique de l’Ouest
  • Publiéjuin 21, 2024

Qu’elles soient victimes de catastrophes climatiques ou des conflits, quelque 9 millions de personnes seraient aujourd’hui déplacées de force en Afrique de l’Ouest, selon IRC.

 

Selon les Nations unies, plus de 120 millions de personnes dans le monde sont en train de fuir ou sont forcées de fuir leur pays. Une hausse de 8% en un an. Avec l’escalade de la violence et de la guerre, ainsi qu’en raison des catastrophes naturelles, le nombre de réfugiés n’a jamais été si nombreux. Les enfants représentent environ 40 % de l’ensemble des personnes déplacées de force.

Ce constat, émis à l’approche de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, n’épargne pas l’Afrique. Et n’épargne pas non plus l’Afrique de l’Ouest, qui est pourtant moins souvent dans l’actualité pour cette question.

« Lorsqu’on leur en donne la possibilité, les personnes réfugiées apportent énormément à leur communauté d’accueil, mais il leur faut pour cela bénéficier de l’égalité des chances », écrit António Guterres.

En effet, alerte l’International Rescue Committee (IRC) quelque 9 millions de personnes en Afrique de l’Ouest sont actuellement déplacées en raison de l’augmentation de la violence, de l’insécurité et des phénomènes météorologiques extrêmes. Ces personnes ont souvent été déplacées à plusieurs reprises, ce qui aggrave leurs difficultés.

Partout, le changement climatique a exacerbé les problèmes existants. Dans le monde, calcule IRC, seize pays se trouvent à l’intersection de la vulnérabilité climatique et des conflits armés, ce qui représente 44 % des personnes touchées par les catastrophes naturelles et 79 % de celles qui ont besoin d’une aide humanitaire. Or, un pays sur quatre se trouve en Afrique de l’Ouest : Burkina Faso, Mali, Niger et Nigeria. « Ces communautés manquent souvent de ressources pour s’adapter ou se rétablir, et subissent de plein fouet les déplacements induits par le climat », prévient IRC.

Les pays d’Afrique de l’Ouest sont vulnérables aux événements soudains tels que les inondations, ainsi qu’aux problèmes récurrents tels que la dégradation des sols, la pénurie d’eau et l’érosion côtière, dont la fréquence et la gravité ont augmenté en raison des effets néfastes du changement climatique.

 

Chevauchement de motifs

L’actualité donne malheureusement raison aux ONG : au Niger, les fortes précipitations et les inondations qu’elles engendrent auraient fait 21 morts et près de 6 000 sinistrés, depuis la fin mai. Et la saison des pluies ne fait que commencer. La région du Centre-Sud est la plus touchée, tandis que pour le moment, Niamey est épargnée. La capitale, qui compte deux millions d’habitants, est régulièrement touchée par des inondations meurtrières. Les inondations auraient fait 176 000 sinistrés en 2023, selon les autorités du Niger, qui exhortent aujourd’hui les populations à se protéger ainsi qu’à protéger leur bétail, par des communiqués envoyés via SMS.

D’ailleurs, calcule IRC, en 2022, pour la première fois en Afrique subsaharienne, les catastrophes liées au climat ont provoqué presque autant de déplacements internes que les conflits. Au Nigeria, la plupart des déplacements internes ont été causés par des catastrophes, en 2023. Le pays a connu les pires inondations depuis dix ans, entraînant le déplacement de 2,4 millions de personnes, soit le plus grand nombre de déplacés en raison de catastrophes en Afrique subsaharienne au cours des dix dernières années.

 

Des vies à reconstruire

Modou Diaw, vice-président régional de l’IRC pour l’Afrique de l’Ouest, confirme : « Les conflits restent l’un des principaux facteurs de déplacement, mais au cours des dernières décennies, le changement climatique a eu un impact significatif sur les décisions de migration en Afrique de l’Ouest. Le chevauchement des conflits et des catastrophes climatiques souligne le besoin urgent de réponses globales et coordonnées pour briser le cycle du changement climatique et des conflits armés, et pour accroître l’accès humanitaire et le financement qui soutient la résilience et l’adaptation au changement climatique. »

Une préoccupation partagée par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. « Du Soudan à l’Ukraine et du Moyen-Orient au Myanmar, en passant par la RD Congo et tant d’autres pays, les conflits, le chaos climatique et les crises forcent un nombre record de personnes à quitter leur foyer et causent de profondes souffrances humaines », écrit-il dans un appel à la solidarité internationale.

« Les personnes réfugiées ont besoin de la solidarité du monde entier et doivent pouvoir reconstruire leur vie dans la dignité », écrit António Guterres. « Lorsqu’on leur en donne la possibilité, les personnes réfugiées apportent énormément à leur communauté d’accueil, mais il leur faut pour cela bénéficier de l’égalité des chances et avoir accès à un emploi, à un logement et à des services de santé. » Sachant que les pays d’accueils sont, pour la plupart, « des pays à revenu faible ou intermédiaire ».

https://www.rescue.org/sites/default/files/styles/super_widescreen_21x9_2058px_wide/public/2023-03/20220227EthiopiaMTadesseEthiopiaDroughtIMG_9171-edited.jpg?h=e7d58407&itok=U9-R9atu

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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