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Politique

La Mauritanie fait le choix de la continuité

La Mauritanie fait le choix de la continuité
  • Publiéjuillet 3, 2024

Le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a été réélu pour un deuxième mandat de cinq ans. L’opposant Biram Dah Abeid conteste les résultats.

 

Aussitôt proclamés, aussitôt contestés. Sans surprise, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a été réélu, dès le premier tour, pour un second mandat à la tête de la Mauritanie avec 56,12% des voix, lors des élections du 29 juin 2024. Selon les observateurs, le scrutin s’est déroulé sans incident. La participation n’aurait atteint que 55,39 % des inscrits.

Sur la période 2024-2026, la croissance devrait être de 4,9% l’an, en moyenne, grâce au lancement de la production de gaz au second semestre 2024, estime la Banque mondiale.

« Je m’engage à être président pour tous les Mauritaniens sans exception, ni discrimination et à poursuivre la politique de la main tendue et la démarche de concertation, de dialogue et de partenariat avec l’ensemble des acteurs politiques, y compris les concurrents à l’élection présidentielle de 2024 », a déclaré Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans une allocution vidéo.

Cette déclaration n’a pas empêché des manifestations, parfois violentes, dans le pays, après la proclamation des résultats, le 1er juillet au soir.

En effet, la ville de Kaédi, dans la vallée du fleuve Sénégal, a été le théâtre d’actes de pillage et de vandalisme qui ont conduit les forces de sécurité à interpeller plusieurs « émeutiers », pour reprendre les termes du ministère de l’Intérieur. Deux de ces « émeutiers » sont morts en détention, un troisième est décédé à l’hôpital, a reconnu le ministère. Ce dernier n’a fourni aucune indication sur les circonstances du drame mais a promis une enquête approfondie.

« La situation dans le pays est sous contrôle et les citoyens peuvent vaquer tranquillement à leurs occupations », a pourtant déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine. Ajoutant que le ministère « réaffirme ici qu’il ne tolérera aucun agissement de nature à perturber la quiétude et la tranquillité des citoyens et des résidents installés chez nous », rapporte l’AFP.

 

Un relais de croissance économique

Deuxième du scrutin du 29 juin, Biram Dah Abeid, avec 22,10 % des voix, a présenté ses condoléances aux victimes. Le candidat n’en dénonce pas moins une fraude électorale lors du scrutin, accusant la CENI (Commission électorale nationale indépendante) d’être à la solde du pouvoir. « Nous refusons toujours cette mascarade électorale », a-t-il déclaré à la presse le 2 juillet, appelant les Mauritaniens à « rester debout ». Biram Dah Abeid, a précisé attendre les résultats fournis par ses propres équipes avant d’appeler formellement les Mauritaniens à descendre dans la rue.

« Toute manifestation que vous ferez devra être pacifique », a exhorté le militant contre l’esclavagisme devant ses sympathisants, selon des images de son compte de campagne diffusés sur les réseaux sociaux.

Demande qui n’a pas empêché certains de ses partisans de brûler des pneus et des poubelles et perturbé la circulation, dès le 3 juin, dans plusieurs quartiers de la capitale, accentuant la présence policière.

De son côté, le candidat islamiste de Tawassoul, premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale, Hamadi Ould Sidi El Mokhtar, se classe troisième avec 12,78% des suffrages. Les Mauritaniens ont donc choisi la continuité à la tête de leur pays de 4,9 millions d’habitants qui n’a plus connu d’attaque djihadiste sur son sol depuis 2011, alors qu’elles abondent chez les voisins du Sahel.

Sauf improbable invalidation par le Conseil constitutionnel, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, 67 ans, dirigera donc la Mauritanie, comme il le fait depuis 2019. Il aura pour tâche de conserver au pays son statut précaire d’espace de stabilité dans un Sahel miné par le djihadisme et les coups d’Etat. Il aura aussi à préparer le bon économique que représente le chantier de production de gaz et d’hydrogène vert.

Sur la période 2024-2026, la croissance devrait être de 4,9% l’an, en moyenne, grâce au lancement de la production de gaz au second semestre 2024, estime la Banque mondiale. L’inflation est passée d’un plus haut de 9,5% en 2022 à 5% en 2023, et devrait continuer à diminuer pour atteindre 2,5% en 2024.

Au cours de la campagne, Mohamed Ghazouani a fait de l’aide aux plus démunis et à la jeunesse un de ses chantiers prioritaires. En Mauritanie, les moins de 35 ans, qui représentent plus de 70% de la population, sous souvent tentés de partir vers l’Europe ou les Etats-Unis, poussés par l’espoir d’une vie meilleure.

 

LA, d’après agences.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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