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Politique

La communauté internationale s’invite au Nord-Kivu

La communauté internationale s’invite au Nord-Kivu
  • Publiéfévrier 21, 2024

Les États-Unis et la France demandent aux rebelles du M23 de cesser les violences à l’est de la RD Congo, et demandent au Rwanda de cesser de soutenir les rebelles. Les Casques bleus renforcent leur présence.

 

Les tensions au Nord-Kivu prennent un tour diplomatique, au-delà de la brouille entre la RD Congo et le Rwanda, et de celle entre les présidents Tshisekedi et Kagamé. Les Nations unies renforcent leur présence dans la région, tandis que les États-Unis et la France tentent de ramener les parties à la raison.

Alors que Washington appelle Rwanda et RD Congo à s’« éloigner d’un risque de guerre », Paris hausse le ton face à Kigali, lui demandant de « cesser tout soutien » au groupe rebelle M23. La France prend ainsi le parti du président de RD Congo qui ne cesse de protester, – encore la semaine passée à l’Union africaine –, de l’implication de son voisin d’Afrique de l’Est.

À la suite de l’ONU, Paris dénonce les violences commises par le M23 – qui n’est sans doute pas le seul dans cette affaire – au Nord-Kivu, notamment autour de la capitale régionale Goma et de la ville de Saké.

Le président Tshisekedi, qui entame son second mandat, doit faire face à un écueil imprévu, la démission de son Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, et celle de son gouvernement.

« Les atteintes à l’intégrité territoriale de la RD Congo et la situation des populations civiles sont inadmissibles », insiste le ministère français des Affaires étrangères. « La France condamne la poursuite des offensives du M23 avec le soutien du Rwanda, et la présence des forces rwandaises sur le territoire congolais » ajoute le ministère, qui demande aux rebelles de « cesser le combat immédiatement » et de « mettre un terme aux violences ».

Au cours d’une réunion des Nations unies, les États-Unis ont exhorté la communauté internationale « à prendre des mesures immédiates pour mettre un terme aux combats dans l’est de la RD Congo et permettre une désescalade des tensions entre la RD Congo et le Rwanda ».

À Addis-Abeba, les présidents Paul Kagamé et Félix Tshisekedi ont fait étalage de leurs divergences. Le président de la RD Congo accuse le Rwanda et ses « supplétifs » du M23 de vouloir s’emparer des minerais de l’est du pays. De son côté, le M23 affirme défendre une population qu’il estime menacée, celle des Tutsis, et réclame des négociations.

 

Les Casques bleus sud-africains en renfort

Et le Rwanda de s’insurger contre les accusations portées. Les autorités dénoncent, par voie de communiqué, l’« indifférence de la communauté internationale devant le renforcement militaire considérable de la RD Congo ». Kigali estime que le gouvernement congolais « a lancé des opérations de combat massives au Nord-Kivu en violation des mécanismes régionaux, qui visent clairement à expulser le M23 et les civils tutsis congolais vers les pays voisins ».

Le Rwanda fait observer que si le M23 progresse, menaçant de prendre la ville Saké tout comme en 2012, c’est avant tout en raison « de la décision de la RDC d’expulser, en décembre 2023, la force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est qui supervisait les efforts de cessez-le-feu et le retrait » des groupes rebelles.

Sur place, la Mission des Nations unies (Monusco) a renforcé sa présence à Goma, en raison de la nouvelle escalade des hostilités et a réitéré son appel au groupe armé M23 à cesser son offensive. Les Casques bleus continuent de soutenir l’armée congolaise en défendant les principales routes menant aux villes clés de Sake et Goma, a précisé un porte-parole onusien, lors d’un point de presse à New York.

En raison de la détérioration de la situation sécuritaire autour de Sake et Goma, la Mission y renforce sa présence en y faisant venir des Casques bleus sud-africains de la Brigade d’intervention de sa Force, basée à Beni, dans le nord de la province.

« Dans le but de remplir son mandat de protection des civils et de permettre aux personnes déplacées, notamment les femmes, les enfants ainsi que les vieillards, la force de la Monusco a établi un périmètre de sécurité près de sa base à Kitshanga en vue de protéger les 25 000 civils qui cherchent refuge en raison de la détérioration de la situation sécuritaire », a précisé le porte-parole militaire de la Mission, le lieutenant-colonel Mensah Kadagni.

 

Un gouvernement démissionnaire

La Monusco qui s’est également dite « préoccupée » par les récentes campagnes de désinformation visant les Casques bleus, qui entravent, juge-t-elle, leur capacité à mettre en œuvre leur mandat. Cette dégradation sécuritaire au Nord-Kivu intervient alors que la Monusco prépare son désengagement progressif de la RD Congo, entre avril et la fin de l’année 2024.

Parallèlement, les Nations unies et le gouvernement congolais appellent la communauté internationale à mobiliser 2,6 milliards de dollars pour financer le plan de réponse humanitaire de l’année 2024. Sachant que le plan de 2023 n’avait été financé qu’à hauteur de 40%.

Enfin, le président Tshisekedi, fraîchement réélu doit faire face à un écueil imprévu, la démission de son Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, et de son gouvernement. Élus députés, plusieurs ministres, à commencer par le Premier d’entre eux, préfèrent rejoindre le Parlement. Le Président a demandé au gouvernement d’expédier les affaires courantes en attendant la nomination d’une nouvelle équipe.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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