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Politique

Guinée : Mamady Doumbouya devient « Président »

Le colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le président Alpha Condé (83 ans, toujours détenu au secret), a prêté serment vendredi à Conakry : Il devient président de la Guinée durant la transition.

Par Aude Darc

Selon la formule constitutionnelle consacrée, le colonel Mamady Doumbouya a juré « de préserver en toute loyauté la souveraineté nationale (…) de consolider les acquis démocratiques, de garantir l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national ». Cet engagement solennel a été pris devant le juge Mamadou Sylla, président de la Cour suprême.

Il nomme par décret le Premier ministre de transition et peut le révoquer. La charte dispose que le président ne peut être candidat aux élections organisées à la fin de la transition.

Devant donc le magistrat Sylla, le soldat putschiste Doumbouya en tenue d’apparat militaire a formellement prêté serment à la faveur d’une cérémonie au palais Mohammed-V de Conakry. Chef de la junte au pouvoir depuis le putsch de septembre, il devient également « le Président » durant la période de transition ; une transition dont on ne sait rien, car le nouvel homme fort de Conakry n’a donné aucune indication dans ce sens.

Lundi un texte dit « charte » de la transition publiée par les militaires dans le Journal officiel confirmait que le colonel Mamady Doumbouya est le « chef de l’État et chef suprême des armées », à qui il revient de déterminer « la politique de la Nation » avec la possibilité de la gérer par « des ordonnances ». Il nomme par décret le Premier ministre de transition et peut le révoquer. La charte dispose que le président ne peut être candidat aux élections organisées à la fin de la transition.

Depuis le coup d’Etat contre le président Alpha Condé, la junte a clairement fait part de ses intentions de rendre le pouvoir aux civils au terme d’une transition qui organiserait des élections « libres » et « démocratiques ».

Discours certes volontaristes se succédant les uns après les autres, mais qui n’indiquent en rien ce que les militaires entendent par l’élaboration d’une nouvelle Constitution, des réformes politiques et économiques majeures, et la restauration de la bonne gouvernance. Ça c’est pour le contenu.

Pour la durée, la junte ne dit pas non plus quelle serait la période de début et de fin de la transition. Alors que la Cedeao (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) avait fermement exigé une transition de six mois. Les militaires se sont contentés d’un laconique communiqué soulignant en substance que la durée de la transition sera fixée d’un commun accord entre la junte et les forces vives du pays.

Alpha Condé

Alpha Condé

Ce coup d’Etat est le troisième depuis l’indépendance de la Guinée en 1958 : Il y a eu celui de Lassana Conté (1984) au décès du président Sékou Touré, puis celui de Moussa Dadis Camara (2008) après la mort de Conté, et maintenant celui de Doumbouya (2021). Ces différents coups de force se tous déroulés dans un pays tourmenté, éprouvé, pauvre en dépit de ses immenses richesses naturelles.

Le colonel Mamady Doumbouya et ses amis disent avoir décidé de renverser le président Alpha Condé pour mettre fin à la gabegie, à la violation des droits de l’homme, à la corruption, etc., et réconcilier les Guinéens. Un discours qui sonne comme un air de déjà vu et de déjà entendu.

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