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Politique

Guinée : Alpha Condé victime d’un coup d’Etat (MAJ)

Tôt ce dimanche 05 septembre 2021 au matin des tirs nourris d’armes automatiques ont retenti dans le centre de Conakry, aux alentours du palais présidentiel où se trouvait le chef de l’État, Alpha Condé.

Par Paule Fax 

Début d’après-midi, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, présenté comme le meneur de ce coup d’État est apparu sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Il affirme détenir le chef de l’État. «Nous avons décidé, après avoir vu le président qui est avec nous, de dissoudre la constitution en vigueur, dissoudre le gouvernement, et la fermeture des frontières terrestres et aériennes», a déclaré le putschiste.

Le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, justifie ce putsch par «le dysfonctionnement des institutions républicaines», «l’instrumentalisation de la justice» et «le piétinement des droits des citoyens».

Arrivé au pouvoir en 2010, Alpha Condé a été réélu en 2020 pour un troisième mandat après une révision de la Constitution.

Cela dit Quid du putschiste le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya ?

Selon nos confrères de Radio France internationale (RFI), c’est en 2018 que les Guinéens découvrent Mamady Doumbouya. À l’occasion du défilé militaire pour célébrer l’indépendance, il parade avec sa nouvelle unité des forces spéciales, béret rouge et lunettes de soleil. Ses hommes cagoulés font forte impression.

Le Groupement des forces spéciales (GES) a pour mission officielle de lutter contre le terrorisme. Mais, selon Aliou Barry, spécialiste des questions militaires en Guinée, le chef de l’État veut faire de ces soldats, mieux armés et mieux équipés que les autres, « une unité à sa solde pour réprimer les manifestations » dans le pays.

À l’époque, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, un Malinké originaire de la région de Kankan, fait partie de la Légion étrangère française. Il est rappelé pour commander le GES.

Passé par l’École de guerre à Paris, formé également en Israël, au Sénégal et au Gabon, il a servi notamment en Afghanistan, en Côte d’Ivoire et en République centrafricaine.

Le porte-parole du ministère de la Défense le présente alors comme « un colosse au physique impressionnant ».

Homme d’ambition, il suscitait la méfiance des autorités qui commençaient à s’inquiéter de ses velléités de prendre le pouvoir. Depuis plusieurs mois, des rumeurs circulaient sur sa possible arrestation. Selon Aliou Barry, on le soupçonnait d’avoir des contacts avec Assimi Goïta, auteur du coup d’État au Mali l’année dernière.

Condamnations

Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, également président en exercice de l’Union africaine (UA), et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, ont condamné dimanche « toute prise de pouvoir par la force et demandent la libération immédiate du président Alpha Condé », appelant dans la foulée à une réunion d’urgence de l’organisation.

De son côté, le chef de l’Etat ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a de son côté exigé « le respect de l’intégrité physique » du président Alpha Condé, sa libération immédiate et « le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions ».

De grandes capitales comme Paris, Washington, Bruxelles, Berlin, etc., ont également condamné ce coup d’Etat de trop.

La France a dit se joindre à l’appel à « la libération immédiate et sans condition du président Condé ». Même son du côté du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, qui « invite tous les acteurs à agir dans le respect de l’état de droit, de l’intérêt de la paix et pour le bien-être de la population guinéenne ».

L’Amérique de Joe Biden a « condamné les événements qui se sont déroulés à Conakry ». Dans un communiqué, le département d’État a affirmé que la violence et les mesures extra-constitutionnelles ne feraient qu’éroder les perspectives de paix, de stabilité et de prospérité de la Guinée.

L’ancien envoyé spécial des États-Unis dans le Sahel, J. Peter Pham, trouve  « inquiétant » ce coup d’État. « Quelle que soit la justification donnée, un changement de régime extra-constitutionnel est toujours déstabilisant pour un pays (et mauvais pour son économie) ».

C’est certains que les jours à venir ne seront pas de tout repos à Conakry dans un camp comme dans l’autre.

PF

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