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Politique

François Compaoré en passe d’être extradé

Le Conseil d’Etat français vient de valider l’extradition de François Compaoré pour le Burkina Faso. La bataille judiciaire continue. 

Par Paule Fax

Moment incertain et difficile pour François Compaoré (67 ans). Le Conseil d’Etat français a validé ce vendredi son extradition vers Ouagadougou.

François, frère cadet de Blaise Compaoré, ex-président du Burkina Faso 1987-2014, est, en fait, poursuivi par la justice de son pays pour « incitation à assassinat » de Norbert Zongo, journaliste d’investigation tué le 13 décembre 1998 à Sapouy (environ 2h00 au sud de Ouagadougou).

Arrêté à l’aéroport de Roissy depuis octobre 2017 à la suite d’un mandat d’arrêt émis par Ouagadougou contre lui, Compaoré est depuis en procédure judiciaire avec la France.

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Le Conseil d’Etat qui devait se prononcer pour ou contre son extradition a estimé que « M. Compaoré n’est pas fondé à soutenir que son extradition aurait été demandée dans un but politique ».

La plus haute juridiction administrative française considère que le risque que Compaoré soit « exposé à des traitements inhumains ou dégradants en raison des conditions de détention dans les prisons burkinabées et de sa condition personnelle », ne résiste pas à l’analyse à cause notamment de certaines dispositions nationales et des engagements internationaux pris par le Burkina Faso.

Portrait de Norbert Zongo

Un argument flétrit par les avocats de François Compaoré. Ils viennent de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Et ils assurent craindre pour la vie de leur client, car « il sera malheureusement et assurément exposé à des risques », en détention au Burkina Faso, note Me François-Henri Briard.

« Nous saisissons la Cour européenne des droits de l’homme, car elle est la seule juridiction qui pourra statuer avec une vraie et juste distance dans ce dossier », estime, pour sa part, Me Pierre-Olivier Sur. 

Il assure qu’« en France, il y a une pression politique sur la justice dans cette affaire. La preuve, c’est la réponse faite par Emmanuel Macron lorsqu’il avait dit aux étudiants burkinabés [le 28 novembre 2017 à l’université de Ouagadougou] qu’il allait leur livrer François Compaoré. »

Et quelle que soit l’option, et dans l’hypothèse d’une confirmation de l’extradition par la Cour européenne des droits de l’homme, « nous accompagnerons notre client à Ouagadougou en zone rouge pour contrôler que les conditions de jugement et d’incarcération soient remplies. Nous irons avec honneur et dignité », énonce Me Pierre-Olivier Sur. 

A 49 ans, Norbert Zongo, alors directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, a été tué avec trois de ses compagnons Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma, Ernest Zongo. Leurs dépouilles avaient été retrouvées calcinées à Sapouy.

Zongo enquêtait sur le meurtre de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré.

PF

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