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Politique

Fin de mandat tumultueuse

Qui était considéré par la plupart des observateurs comme le vrai détenteur du pouvoir et le garant de l’unité du parti. « Aujourd’hui, il faut trouver un autre leader accepté comme étant au-dessus de tous pour fédérer les énergies et recréer la cohésion au sein du parti », considère le deuxième vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Clément Sawadogo. 

Une opposition en embuscade 

Tout comme le président du parti, Simon Compaoré, il a quitté son portefeuille ministériel, lors du dernier remaniement, afin de désamorcer la crise et préparer les militants à affronter sereinement les prochaines échéances.

À savoir la présidentielle et les législatives couplées. Aux dernières élections, le parti présidentiel n’avait pas obtenu la majorité requise pour gouverner à l’Assemblée nationale et était donc contraint de tisser des alliances avec des micro-partis tels que les Sankaristes. 

De son côté, l’opposition, jusque-là désunie, voit en cette faible gouvernance et en ces difficultés internes du parti au pouvoir, l’occasion rêvée pour se réorganiser et se mettre rapidement en ordre de bataille.

Se voyant comme la seule véritable alternative au régime en place, Zéphirin Diabré, le principal challenger du président Kaboré, est très virulent lorsqu’il s’agit de critiquer les actions de ses adversaires : « Jamais dans l’histoire de notre pays, un régime n’a versé la figure du Burkina Faso par terre comme le fait le régime actuel. Il n’y a que ceux qui croient au Père Noël qui peuvent croire que ce régime va sauver le pays. » 

Politiste et enseignant à l’université Ouaga II, Thomas Ouédraogo dirige le Centre pour la gouvernance démocratique. D’après lui, l’erreur manifeste de la majorité présidentielle et de ses alliés, est de s’être inscrits « dans une posture de victimisation, parce que convaincus que la menace sécuritaire est soutenue par une main invisible, en l’occurrence celle de l’ancienne majorité. » Au lieu de proposer des solutions concrètes pour répondre aux aspirations populaires. De fait, « l’opposition s’appuie sur l’argument de l’incompétence du pouvoir », pour tenter de glaner une partie de l’électorat déçu. 

Zéphirin Diabré n’est pas le seul poids lourd à lorgner le palais de Kossyam. Ancien Premier ministre de 1996 à 2000 et président de la Commission de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) de 2012 à 2016, Kadré Désiré Ouédraogo se positionne comme le candidat « d’une jeunesse en manque d’avenir et de perspective ».

C’est « le seul qui peut sortir les jeunes des problèmes auxquels ils sont confrontés et trouver une place pour le Burkina Faso dans le concert des nations », veut croire un de ses partisans. Seul bémol : Ouédraogo devrait se présenter en dehors du sérail partisan. À moins de créer sa propre formation politique.

Car sa candidature ne fait point l’unanimité au sein du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), l’ancienne majorité, même s’il bénéficie du soutien de Blaise Compaoré et de plusieurs autres caciques du régime déchu. Pour celui qui annoncé sa candidature, fin février, « l’avenir du pays est une question suffisamment importante, si bien qu’elle transcende le cadre partisan ». 

Tout cela fait dire au directeur exécutif du CGD qu’« une rude bataille se profile à l’horizon. » À condition que la rue ne contrarie pas les plans des uns et des autres et que les élections se tiennent bien, comme prévu, en 2020.

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