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Politique

Félix Tshisekedi : « Notre défi majeur : faire taire les armes »

Le chef de l’Etat de la République démocratique du Congo (RD Congo) Félix Tshisekedi est désormais le président de l’Union africaine. Pour son mandat d’un an qui court jusqu’en février 2022, il entend mettre sur son agenda comme action prioritaire : faire taire les armes sur le continent.

Par Serges David

Voici dans cette déclaration d’intention et surtout volontariste comment le chef de l’Etat Félix Tshisekedi  (RD Congo) entend gérer l’Afrique à travers l’Union africaine.

Au moment où nous accédons à la Présidence de l’Union africaine, notre continent est en proie à un défi majeur : celui de faire taire les armes. Dans la région sahelo-sahélienne, les filles et fils de l’Afrique tombent chaque jour sous la barbarie du terrorisme.

« C’est un immense honneur que tous les États africains ont fait à mon pays, la République démocratique du Congo, à ma modeste personne, en lui accordant la présidence de notre organisation continentale.

La présence mandature, dois-je le rappeler, a pour thème principal : « Arts, culture et patrimoines : leviers pour l’édification de l’Afrique que nous voulons. »

Nous voulons, en effet, une Afrique avec une participation active et massive des femmes et des jeunes moteurs du jeu développement durable et inclusif.

Je mesure l’immensité de la tâche que j’accepte en toute humilité d’assumer, avec votre appui constant, le concours appréciable de tous les membres du Bureau et la disponibilité permanente de la Commission de notre organisation.

Je tiens à remercier vivement mon prédécesseur, le président Cyril Matamela Ramaphosa, qui dans des conditions difficiles dues à la pandémie de Covid-19, a su mobiliser les efforts de tous les pays du continent et des partenaires pour y faire face. Pour cela, je propose qu’il soit le champion du programme de vaccination et de lutte contre la pandémie de Covid-19.

Je salue chaleureusement et remercie fraternellement son Excellence Madame Saleh Work, présidente de la République fédérale d’Ethiopie et son Excellence Monsieur Amed Premier ministre, pour la qualité de l’accueil que le peuple éthiopien n’a cessé de nous réserver lors de nos assises au siège de l’organisation.

Patrice Emery Lumumba croyait fermement au grand destin de l’Afrique, il n’avait pas hésité à organiser, en août 1960 à Kinshasa alors Léopold Ville, le dernier congrès de l’histoire du grand mouvement du panafricanisme.

Je saisis également cette occasion pour adresser mes sincères remerciements à Monsieur Moussa Faki Mahmat, président de la Commission de l’Union africaine, qui nous reçoit dans ce magnifique cadre du siège de notre organisation continentale.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

C’est un privilège unique pour la République démocratique du Congo qui accède ce jour à la Présidence de l’Union africaine à un moment symbolique et hautement significatif où nous célébrons les 60 ans de la disparition d’un signe fils du Congo et de l’Afrique, Monsieur Patrice Emery Lumumba.

Croyant fermement au grand destin de l’Afrique, il n’avait pas hésité à organiser, en août 1960 à Kinshasa alors Léopold Ville, le dernier congrès de l’histoire du grand mouvement du panafricanisme.

Le 30 juin 1960, peu avant sa disparition tragique, il déclarait, je cite : « L’Afrique écrira sa propre histoire. Et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité. »

C’est dans cette optique et pour honorer la mémoire de tous les panafricanistes, j’entends entrer la thématique de ma présidence de l’Union africaine dans la vision ci-après : « Une Union africaine au service des peuples. »

Cette vision spécifique qui s’inscrit dans le premier plan décennal de mise en œuvre 2014-2023 de l’Agenda 2063 va se décliner autour de neuf piliers stratégiques mieux détaillés dans mon plan d’action.

« Nous voulons, en effet, une Afrique avec une participation active et massive des femmes et des jeunes moteurs du jeu développement durable et inclusif ».

Les arts, la culture et le patrimoine constituent le socle de la renaissance africaine. Ils nous offrent l’opportunité d’opérer notre retour aux sources. En tant que somme des inventions de l’homme, de ses innovations et de ses combats pour assurer sa survie et son épanouissement, la culture est, comme le disait Léopold Sedar Senghor, au commencement et à la fin de toute choses car elle embrasse tous les domaines de la vie.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Au moment où nous accédons à la Présidence de l’Union africaine, notre continent est en proie à un défi majeur : celui de faire taire les armes. Dans la région sahelo-sahélienne, les filles et fils de l’Afrique tombent chaque jour sous la barbarie du terrorisme.

En République Centrafricaine, la paix et la stabilité des institutions élues sont mises à rude épreuve dans les rebellions et des groupes armés.

Dans la partie Est de la République démocratique du Congo, persiste, comme je l’ai relevé à plusieurs reprises, l’insécurité causée par des groupes armés locaux et des mouvements terroristes étrangers notamment des ADF.

Il en est de même de l’Afrique Australe, réputée pour sa stabilité et son pacifisme, où le terrorisme est en train de sévir dans la partie nord de Mozambique.

Une Afrique au service des peuples se construit aussi à travers l’intégration du continent. C’est ici le lieu de saluer les progrès accomplis dans le processus de ratification de l’Accord de l’Accord de Libre-échange continentale africaine (ZLE- CAF). Le démarrage des échanges commerciaux en début de cette année est l’action du président Mahamadou Issoufou pour le rôle qu’il a joué dans le lance- ment de la Zlecaf ).

Certes le démarrage des échanges en ce début d’année 2021 dans le cadre de la Zlecaf représente un acte d’indépendance économique. Et il existe des défis certains au regard des disparités dans le développement industriel de nos différents pays.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Nul n’a vu venir la pandémie de Covid-19 qui a pris au dépourvu toute l’Humanité au point de nous faire perdre des vies humaines, de restreindre les mouvements des personnes et de déstabiliser nos économies.

Bien que relativement moins touchés que d’autres parties du monde, l’Afrique n’a pas non plus été épargné par ce virus mortel. Raison pour laquelle nous saluons l’ingéniosité et la résilience dont ont fait montre les pays africains dans la lutte contre cette pandémie.

Dès lors, il est un intérêt hautement stratégique que chaque état membre réserve une bonne part de son revenu au développement de son capital humain qui est la principale richesse, la seule qui soit capable de se mobiliser avec efficacité, pour résoudre la spécifique question de l’éducation et de la recherche scientifique et faire face aux défis mondiaux.

Contre l’expérience du Combat, contre l’adversité et nos capacités d’adaptation, ne baissons pas les bras et ne perdons pas de vue d’autres pathologies qui continuent de sévir au point d’être parfois de loin plus mortelles comme la malaria ou le VIH/SIDA.

Organisons nous, ensemble avec nos partenaires internationaux, pour une grande offensive contre ces différents fléaux. Il est important que notre organisation puisse renforcer le Centre africain pour le contrôle et la prévention de maladies (CDC) afin de répondre efficacement aux urgences et de relever les défis sanitaires complexes en tant qu’institution technique spécialisée de l’UA.

Dans une stratégie, avec les communautés économiques régionales, nous allons conjuguer nos efforts pour :
– renforcer la paix et la sécurité ; poursuivre la réalisation de la ZLECAF ;

– promouvoir une renaissance de la culture, des arts et des patrimoines africains ; – lutter contre le changement climatique ;

– accélérer les projets intégrateurs entre autres : la construction du grand barrage Inga ;
– consolider l’initiative de l’UA dans la lutte contre la Covid-19 et dans la prévention contre d’autres maladies.

Tirant les leçons de la pandémie, en plus de renforcer le système de santé, le moment est venu d’investir davantage dans l’éducation et la recherche scientifique.

Dès lors, il est un intérêt hautement stratégique que chaque état membre réserve une bonne part de son revenu au développement de son capital humain qui est la principale richesse, la seule qui soit capable de se mobiliser avec efficacité, pour résoudre ce problème spécifique et faire face aux défis mondiaux.

Fort de ma vision d’une Union africaine au service des peuples africains, je me propose précisément de faire sortir notre organisation, avec votre concours à tous, de salles de conférences, des disques durs de nos ordinateurs et des dossiers bien ficelés de nos secrétariats. J’entends l’amener dans les cours d’écoles, au milieu de camps de réfugiés, au cœur des marchés de nos villes et de champs de nos villages.

Promouvoir une communauté panafricaine consciente de son histoire, de son potentiel artistique et de la richesse de son patrimoine culturel n’est pas et ne doit pas être une option mais un devoir. Nous devons le réaliser ensemble au cours de la présente année, en nous appuyant sur les neuf piliers qui constituent ma vision stratégique.

C’est à ce prix, j’en suis persuadé, que l’Afrique poursuivra sa marche vers l’agenda 2063 qui lui assurera entre autres la prospérité fondée sur la croissance inclusive et le développement durable, la paix et la sécurité et la pleine égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines de la vie.

Pour terminer, mes chers frères et sœurs, continuons à tisser inlassablement, année après année, la nappe de l’intégration africaine. Comme l’avait si bien dit Joseph Ki-Zerbo, « on ne développera pas l’Afrique. Mais c’est Afrique qui se développera. Je vous remercie ».

SD

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