x
Close
Politique

Éthiopie: premiers pourparlers entre le pouvoir et les Tigréens

Éthiopie: premiers pourparlers entre le pouvoir et les Tigréens
  • Publiéoctobre 26, 2022

Après deux ans de guerre, les premiers pourparlers directs entre le gouvernement fédéral d’Éthiopie et le Front de libération du peuple du Tigré ont commencé en Afrique du Sud.

Des figures politiques importantes sont mobilisées : Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, Phumzile Mlambo- Ngcuka, ancienne vice-présidente d’Afrique du Sud, vont tenter de mettre un terme à un conflit qui, depuis 2020, a tué des milliers de personnes et déplacés des millions d’autres.

Des représentants de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), des Nations unies et du gouvernement des États-Unis participent également en tant qu’observateurs au processus de paix mené par l’Union Africaine (UA) qui se terminera dimanche.

Le président de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a exprimé sa profonde gratitude au président Cyril Ramaphosa et au gouvernement de l’Afrique du Sud pour avoir accepté d’accueillir les pour parlers « dans un esprit de solidarité panafricaine afin de trouver des solutions africaines aux problèmes africains, » a-t-il déclaré.

Moussa Faki Mahamat se dit « encouragé par la démonstration précoce de l’engagement des parties en faveur de la paix et de la recherche d’une solution politique durable au conflit dans l’intérêt suprême de l’Éthiopie. »

Jusqu’ici les tentatives de médiation ont largement échoué. Le 16 octobre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à un cessez-le-feu inconditionnel après que des pourparlers de paix menés sous l’égide de l’UA, acceptés par les deux parties début octobre, n’aient rien donné. Un appel tombé dans l’oreille d’un sourd.

L’ancien président kenyan Uhuru Kenyatta (à gauche) arrive au siège du Département des relations internationales et de la coopération (DIRCO) à Pretoria (Photo par Phill Magakoe / AFP)

Une guerre dévastatrice

Les combats se sont intensifiés ces dernières semaines après l’échec d’une trêve d’environ neuf mois fin août. Il y a dix jours, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré que la situation était « hors de contrôle », alors que les forces éthiopiennes et érythréennes poursuivaient leur nouvel assaut contre la région du Tigré.

Le 18 octobre, le gouvernement éthiopien du président Abiy Ahmed a déclaré avoir saisi la grande ville tigréenne de Shire et d’autres localités de la région, portant ainsi un coup dur au FPLT, bien que le black-out médiatique dans la région rende toutes les affirmations extrêmement difficiles à vérifier.

Le coût humain est stupéfiant. On estime déjà que des centaines de milliers de personnes ont péri dans ce conflit de deux ans, victimes de la famine et des combats, et des atrocités ont été signalées des deux côtés.

« Les civils paient un prix horrible. Les attaques aveugles – y compris dans les zones résidentielles – tuent chaque jour davantage d’innocents, endommagent les infrastructures essentielles et limitent l’accès aux services vitaux », a déclaré António Guterres.

Selon les Nations Unies, le risque de famine augmente et touche des millions de personnes. Des rapports font état d’une pénurie de nourriture dans la capitale régionale de Mekelle.

En septembre, un rapport de la Commission internationale d’experts en droits de l’homme des Nations Unies sur l’Éthiopie a trouvé « des motifs raisonnables de croire que le gouvernement fédéral utilise la famine comme méthode de guerre ».

Les pourparlers d’Afrique du Sud se déroulent après que les nations occidentales ont intensifié leurs critiques sur la conduite de la guerre. Le 12 octobre, une déclaration commune de l’Australie, du Danemark, de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis a exprimé sa « profonde inquiétude » face à l’escalade.

La mobilisation de personnalités politiques influentes pourrait permettre d’apaiser les tensions entre le Gouvernement et les forces tigréennes. 

Auparavant, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken s’était entretenu avec le président du Kenya, William Ruto, et avait « salué son rôle essentiel dans la paix et la sécurité régionales en Éthiopie et dans la Corne de l’Afrique ».

Pour l’instant, rien n’a été annoncé sur les débats en cours à Pretoria.

 

Écrit par
Léo Komminoth

Journaliste

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *