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Politique

Ethiopie : Des résultats espérés pour stopper la guerre

Face à l’offensive des rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), les Éthiopiens appelés aux urnes, lundi 21 juin 2021, pour élire leur député et président de régions, espèrent rapidement les résultats du vote censés mettre un terme aux violences.

Par Kimberly Adams

Au lendemain de la prise de la ville de Mekele, la capitale régionale du Tigré, les forces rebelles du  Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont profité du retrait des armées éthiopiennes et érythréennes pour entrer dans la ville de Shire.

ENCADRE – Abiy Ahmed : Prix Nobel de la paix – En 2019, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a obtenu le Prix Nobel de la paix. Il a été nobélisé, car il a réussi a signé un accord avec le pays voisin l’Erythrée après vingt ans de guerre. Par cet accord, Ahmed a fait libérer des milliers de prisonniers de part et d’autre. Par la suite, il a lancé des réformes économiques audacieuses dans un pays marqué jusque-là par le capitalisme version « chinoise ».

Désormais ils menacent de « marcher sur Addis-Abeba », la capitale, malgré le « cessez-le-feu unilatéral » décrété par le gouvernement éthiopien du Premier ministre Abiy Ahmed.

Dans la même période, les Éthiopiens qui étaient appelés aux urnes, lundi 21 juin 2021, pour élire leur député et président de régions, dans un contexte tendu et particulier, attendent toujours les résultats. Car les électeurs étaient vraiment allés voter pour la paix et la sécurité.

Et ce ne sont, sans doute, pas les déclarations des Etats-Unis qui apaiseront la situation. De fait, l’administration Biden a déclaré, dès l’annonce de la trêve gouvernementale, que ce « pourrait être une étape positive si elle était suivie de changements sur le terrain en vue de mettre un terme au conflit et aux atrocités et de permettre une assistance humanitaire libre ».

Le porte-parole du département d’Etat, Ned Price, a toutefois plaidé pour « un cessez-le-feu immédiat, illimité et négocié ». Une situation de paix, possible qu’avec les élections du 21 juin. Et surtout leur épilogue.

D’ailleurs, pour ce qui concerne ce scrutin apparemment anodin, mais cruellement important pour le pays, il représente un symbole. Bien au-delà un test électoral, le tout premier du pays sous l’ère du Premier ministre, le prix Nobel Abiy Ahmed (44 ans), il symbolise l’inlassable quête des Ethiopie à vivre désormais en paix et en sécurité.

De fait, nommé à la primature en 2018, Abiy Ahmed, l’actuel Premier ministre, avait promis à l’époque un renouvellement démocratique dans son pays. Cette promesse est en passe d’être tenue.

Certes les bureaux de vote avaient ouvert tôt le lundi 21 juin, mais le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, après le Nigeria, est en proie aux violences convulsives qui font que dans certaines régions, des partis d’opposition avaient appelé au boycott du scrutin comme à Oromiya (province la plus peuplée du pays).

Pour ces derniers, les droits de l’Homme sont en partie piétinés aussi dans le pays avec notamment le conflit mené dans la région du Tigré. Où les troupes fédérales menaient depuis huit mois, jusqu’à leur récent retrait unilatéral, une opération militaire contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), à cause donc de cette guerre, aucune date de scrutin n’a été fixée pour les 38 circonscriptions de la région.

De plus, le vote a été reporté au 6 septembre 2021 pour 64 circonscriptions sur 547 que compte le pays à cause de problèmes d’inscriptions sur les listes électorales et de violences ethniques.

Ph archives : Artistes éthiopiens

Evidemment, le gouvernement tout en regrettant les violences ci et là, rejette ces accusations et souligne surtout que le Premier ministre sortant entend plutôt rompre à travers ces élections, avec les pratiques politiques de ses prédécesseurs, ce qui explique, disent-il, la mise en œuvre par ses soins d’importantes réformes politiques et économiques.

Le Premier ministre Abiy Ahmed avait lui-même décrit le scrutin du 21 juin comme « la première tentative d’élections libres et équitables », assurant qu’au final « l’Éthiopie va gagner ! », même si son économie a été lourdement affectée par les effets combinés de la Covid-19 et des violences dans le pays.

Ce double scrutin est un vrai test pour Abiy Ahmed, mais il l’est aussi pour les nombreux investisseurs étrangers qui croient aux potentiels économiques de ce pays, et il l’est surtout pour les 110 millions d’Ethiopiens qui veulent sortir de la guerre et vivre en paix.

KA

 

 

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