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Politique

Entre inquiétudes et espoirs à l’est de la RD Congo

Entre inquiétudes et espoirs à l’est de la RD Congo
  • Publiémai 15, 2024

Les Nations unies alertent sur la situation sécuritaire du Nord-Kivu et les difficultés rencontrées par les humanitaires. Félix Tshisekedi demande la médiation de son voisin Denis Sassou-NGuesso.

 

La communauté internationale reste préoccupée par la situation à l’est de la RD Congo. Tandis que les Nations unies redoutent un embrasement dans la région, les pays occidentaux (France, Belgique, États-Unis) appellent les pays concernés, dont le Rwanda, à leur responsabilité. Les ONG ou organismes internationaux s’inquiètent de la situation sécuritaire et humanitaire.

Ainsi, le directeur général adjoint de l’Unicef pour l’action humanitaire et les opérations d’approvisionnement, Ted Chaiban, vient-il d’être le témoin direct de l’« impact dévastateur de l’escalade du conflit sur les populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants », pour reprendre les termes d’un communiqué de l’organisation onusienne. Ted Chaiban a effectué une visite de cinq jours dans l’est de la RD Congo, durant laquelle il a rencontré les autorités.

« Ce que j’attends du président Denis Sassou-NGuesso, c’est d’user comme d’habitude de sa sagesse. Il est très préoccupé par la situation, sa priorité est la stabilité de la région. »

« L’ampleur du conflit a atteint de nouveaux sommets, déplaçant des millions de personnes et créant la pire crise humanitaire dans le pays depuis 2003. Les enfants sont tués, mutilés, enlevés et recrutés par les groupes armés, les violations graves vérifiées étant les plus nombreuses jamais enregistrées ; leurs droits à l’éducation et à une enfance sûre ont été anéantis. »

Le responsable a visité les sites de personnes déplacées de Bulengo et de Lushagala, à la périphérie de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, où vivent plus de 36 500 familles. L’« intensification des combats au cours des derniers mois a aggravé la situation déjà précaire des enfants et des familles dans les camps », a-t-il témoigné.

Il a également rencontré des familles déplacées à Minova, dans la province du Sud-Kivu, où l’accès est de plus en plus restreint et où l’afflux récent de plus de 250 000 personnes fuyant les conflits a ajouté une pression immense sur des communautés d’accueil déjà vulnérables.

« La seule façon de réduire ces souffrances est de redoubler les efforts des acteurs régionaux et de la communauté internationale pour négocier une solution politique au conflit, y compris le processus de Luanda, le dialogue de Nairobi et d’autres efforts diplomatiques », en conclut Ted Chaiban. Ce, alors que « la détérioration de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu et de l’Ituri a un impact significatif sur l’acheminement de l’aide humanitaire ».

Ted Chaiban a également visité des réseaux d’eau dans le territoire de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, montrant que les solutions durables sont la façon dont on peut et doit travailler, même dans les zones de conflit et les camps de personnes déplacées, comme l’extension du réseau d’eau de Goma à Kanyaruchinya.

 

Une activité diplomatique relancée ?

Il a rappelé que le monde a besoin d’un Congo « pacifique et productif » qui, avec sa forêt tropicale et ses minéraux verts, est essentiel à la lutte contre le changement climatique mondial. « La RD Congo est trop importante pour échouer. Nous avons besoin de paix et de sécurité pour que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles, cultiver leurs champs et ramener leurs enfants à l’école », considère-t-il.

De son côté, le pouvoir de Kinshasa – occupé à organiser le pouvoir, notamment législatif, après les récentes élections –, continue d’accuser son voisin le Rwanda. Le président Félix Tshisekedi cherche à torpiller un accord entre l’Union européenne et le Rwanda, qu’il avait qualifié d’« ignominie », à l’occasion de sa signature en février. Lors de sa visite récente en France, il a reçu l’apparent soutien du président français Emmanuel Macron, qui a adressé ses mises en garde au Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir les rebelles du M23. À noter que devant des représentants de la diaspora congolaise, le président Tshisekedi s’est dit ouvert à une révision de la Constitution, afin d’améliorer la gouvernance.

Devant la presse, il a indiqué qu’une guerre avec le Rwanda n’était pas impossible, admettant néanmoins que le Rwanda n’« est pas responsable de tous les maux » de la RD Congo.

Denis Sassou-Nguesso et Félix Tshisekedi (photo d'archive).
Denis Sassou-Nguesso et Félix Tshisekedi (photo d’archive).

 

Et le Président d’en appeler, une nouvelle fois, à la médiation de voisin la République du Congo, donc de son président Denis Sassou-NGuesso, à qui il a rendu la semaine passée une visite de courtoisie.

Félix Tshisekedi sait combien son homologue entretien de bonnes relations avec la plupart des dirigeants des pays africains, notamment avec le Rwandais Paul Kagame. « Ce que j’attends du président Denis Sassou-NGuesso, c’est d’user comme d’habitude de sa sagesse. Il est très préoccupé par la situation, sa priorité est la stabilité de la région. Il a pris mes avis et mes considérations. Il a promis de rester au contact de la situation, au contact de ces acteurs de la région pour essayer d’aller dans le sens de la facilitation », a confié le président Tshisekedi.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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