Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Politique

Des institutions, enfin !

Contre la Cour constitutionnelle, juridiction compétente en matière constitutionnelle, électorale et des droits et libertés fondamentaux, les critiquent les plus sévères viennent des politiques. Sydia Touré, le numéro 2 de l’opposition, fait part de ses réserves : « À six mois des élections, on crée une institution à laquelle nous ne participons pas. Nous voulons voir si le contentieux électoral sera mieux géré que du temps de la Cour suprême. Nous ne pouvons pas jeter des fleurs à une institution que l’on n’a pas vu fonctionner. »

Cependant, comme à son habitude d’intransigeance avec le pouvoir, l’Opposition républicaine extraparlementaire (OREP) du vice-président de l’UFDG, Bah Oury, a appelé les partis représentés à l’Assemblée nationale à ne pas reconnaître l’institution. L’OREP fustige une « institution précipitamment installée pour les besoins du président Alpha Condé. » Pour l’opposition, « la Cour constitutionnelle n’est pas une affaire politique. Sa création non plus n’est pas une affaire de décret présidentiel. Le décret c’est après… Il faut d’abord une concertation avec la représentation nationale dans toutes ses composantes pour fixer le nombre de membres qui seront amenés à siéger dans cette nouvelle institution ».

Les juristes, eux, s’inquiètent plutôt des conséquences du retard accusé et mettent en doute leur bon fonctionnement. « Ce retard peut jouer sur le temps que devraient avoir les membres de ces institutions pour capitaliser un certain nombre d’acquis avant l’échéance des élections. Ces dernières représentent un petit saut dans l’inconnu », analyse Mohamed Camara. L’autre difficulté tient dans le fait qu’aucune des institutions nouvelles n’a un siège approprié. Après leur prestation de serment, les membres de la Cour constitutionnelle doivent attendre un bâtiment en rénovation. À ce propos, le ministre de la Justice, Cheick Sacko, estime qu’il faut savoir, parfois, « mettre la charrue avant les boeufs ». Maintenant que l’institution est constituée, le ministre de la Justice estime que le pouvoir va devoir lui trouver un siège dans un bref délai.

Sans renier ses critiques et craintes, Mohamed Camara reconnaît également que l’essentiel a été fait : « Le délai constitutionnel n’a pas été respecté, mais mieux vaut tard que jamais. Ces institutions vont compléter celles qui existent déjà. » Au moins, ces institutions ont le mérite d’exister tandis que « le contexte politique national est tendu, et le sera davantage au fur et à mesure que les échéances électorales approchent », fait observer le juriste consultant Cellou Diallo. De son côté, le président Alpha Condé a promis que les membres de la Cour constitutionnelle trouveront auprès de lui « une bonne compréhension et surtout une oreille attentive aux sages conseils que le pouvoir exécutif peut attendre d’eux ». 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts