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Politique

Des élections pour faire gagner l’Ethiopie

Les Éthiopiens sont appelés aux urnes, aujourd’hui lundi 21 juin 2021, pour élire leur député et président de régions dans un contexte tendu et particulier ; mais aussi dans une perspective de recherche de la paix et de la sécurité.

Par Paule Fax

Pourquoi ce scrutin apparemment anodin est si particulier ? Il l’est du fait qu’il représente un test électoral, le tout premier du pays sous l’ère du Premier ministre, le prix Nobel Abiy Ahmed (44 ans).

Nommé à la primature en 2018, Abiy Ahmed avait promis à l’époque un renouvellement démocratique dans son pays. C’est en passe de l’être.

Certes les bureaux de vote ont ouvert tôt ce lundi, mais le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, après le Nigeria, est en proie aux violences convulsives qui font que dans certaines régions, des partis d’opposition ont appelé au boycott du scrutin comme à Oromiya (province la plus peuplée du pays).

ENCADRE – Abiy Ahmed : Prix Nobel de la paix 

En 2019, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a obtenu le Prix Nobel de la paix. Il a été nobélisé, car il a réussi a signé un accord avec le pays voisin l’Erythrée après vingt ans de guerre. Par cet accord, Ahmed a fait libérer des milliers de prisonniers de part et d’autre. 

Par la suite, il a lancé des réformes économiques audacieuses dans un pays marqué jusque-là par le capitalisme version « chinoise ».

Pour ces derniers, les droits de l’Homme sont en partie piétinés aussi dans le pays avec notamment le conflit mené dans la région du Tigré. Où les troupes fédérales mènent une opération militaire depuis huit mois contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), à cause donc de cette guerre, aucune date de scrutin n’a été fixée pour les 38 circonscriptions de la région.

De plus, le vote a été reporté au 6 septembre 2021 pour 64 circonscriptions sur 547 que compte le pays à cause de problèmes d’inscriptions sur les listes électorales et de violences ethniques.

Evidemment, le gouvernement tout en regrettant les violences ci et là, rejette ces accusations et souligne surtout que le Premier ministre sortant entend plutôt rompre…

Abiy Ahmed

…à travers ces élections, avec les pratiques politiques de ses prédécesseurs, ce qui explique, disent-il, la mise en œuvre par ses soins d’importantes réformes politiques et économiques.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a lui-même décrit le scrutin de ce lundi comme « la première tentative d’élections libres et équitables », assurant qu’au final « l’Éthiopie va gagner ! », même si son économie a été lourdement affectée par les effets combinés de la Covid-19 et des violences dans le pays.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en passe de voter dans un bureau de vote.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en passe de voter dans un bureau de vote

Ce double scrutin est un vrai test pour Abiy Ahmed, mais il l’est aussi pour les nombreux investisseurs étrangers qui croient aux potentiels économiques de ce pays, et il l’est surtout pour les 110 millions d’Ethiopiens qui veulent sortir de la guerre et vivre en paix.

PF

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