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Politique

De nouvelles condamnations en Algérie

L’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal écope d’une nouvelle peine de prison. La justice algérienne poursuit son offensive contre les anciens caciques du régime Bouteflika, politiciens ou patrons.

Par Marie-Anne Lubin

La justice algérienne inflige à Abdelmalek Sellal une nouvelle peine de prison. L’ancien Premier ministre, ainsi que l’ancien directeur du Protocole de la présidence algérienne, ont été condamnés à respectivement cinq et six ans de prison fermes.

Ils ont été condamnés pour des faits de « corruption » dans le cadre d’une affaire touchant le groupe agroalimentaire Metidji. Groupe dont l’ancien PDG, Mansour Metidji, écope également d’une peine de huit ans de prison ferme.

D’autres condamnations sont à attendre. Le 31 janvier, le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed jugera l’ancien ministre de l’Énergie, Chakib Khelil et de l’ancien PDG du groupe Sonatrach, Mohamed Meziane.

Abdelmalek Sellal fait l’objet de plusieurs poursuites et condamnations. De même qu’un autre ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, il purge déjà une peine de douze ans de détention.

Une peine sanctionnant plusieurs chefs d’accusation de corruption lors de l’attribution de marchés publics. Abdelmalek Sellal avait dirigé le gouvernement de 2014 à 2017. L’homme politique avait notamment mené les quatre campagnes électorales de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Diplomate de carrière depuis 2005, Mokhtar Reguieg avait été directeur du Protocole de la présidence algérienne sous les trois derniers mandats d’Abdelaziz Bouteflika, jusqu’au départ de ce dernier, le 2 avril 2019.

C’est après la chute du régime de Bouteflika, sous la pression des manifestations du mouvement Hirak et de l’armée, que la justice a lancé une série d’enquêtes sur les affaires impliquant les hommes du Président.

Pour l’opposition, il est difficile, toutefois, de ne pas voir que la condamnation de ces ex-hommes forts du pays s’inscrit dans une série de poursuites à l’encontre d’une partie de l’ancienne classe politique au pouvoir en Algérie.

Plusieurs anciens dirigeants politiques de l’ère Bouteflika, ainsi que des hommes d’affaires parmi les plus influents, ont ainsi été condamnés. La plupart pour des faits de corruption.

Une longue liste

On se souvient qu’en 2020, Saïd Bouteflika, frère de l’ancien Président avait été arrêté. Il a été condamné à quinze ans de prison ferme, de même que deux anciens responsables du Renseignement algérien.

Peines confirmées en appel. En septembre 2019, les trois hommes avaient déjà été condamnés pour complot contre l’armée et l’État, par un tribunal militaire.

Cette fois, la décision concernant Abdelmalek Sellal et les deux co-accusés a été prise par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger.

Une peine de trois ans de prison ferme a été prononcée à l’encontre de l’ancien directeur de Cabinet du Premier ministre, Mustapha Abdelkrim Rahiel dans le cadre de la même affaire.

En revanche, l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, l’ancien ministre des Transports et des travaux publics, Abdelghani Zaalane, et l’ancien chef de cabinet du Premier ministre, Amrani Hafnaoui ont été acquittés, révèle l’agence officielle APS.

Les accusés étaient poursuivis pour octroi d’indus avantages, financement occulte de la campagne électorale, abus de fonctions et dilapidation de deniers publics.

D’autres condamnations sont à attendre. Le 31 janvier 2022, le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed jugera l’ancien ministre de l’Énergie, Chakib Khelil et de l’ancien PDG du groupe Sonatrach, Mohamed Meziane.

Le procès devait se tenir en cette mi-janvier, mais a été repoussé en raison d’une grève des avocats, dans le pays.

Les accusés sont poursuivis pour des faits de corruption dans l’affaire du complexe gazier d’Arzew (Oran) et pour octroi d’indus privilèges, abus de fonction et conclusion de contrats, de marchés et d’avenants, en violation de la loi et de la réglementation, précise l’agence APS.

Plusieurs anciens cadres du groupe Sonatrach et de nombreuses firmes étrangères activant dans le secteur énergétique sont également poursuivis dans cette affaire. De leur côté, le Trésor public et le groupe Sonatrach se sont constitués parties civiles.

L’Algérie se place à la 104e place sur 180 pays du classement mondial de l’indice de perception de la corruption publié en janvier 2021 par l’ONG Transparency International.

@Malu

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