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Politique

Coup d’Etat au Mali : Démission d’IBK, la Cedeao menace d’agir militairement

Suite au coup d’Etat en cours au Mali avec notamment l’annonce de la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la communauté internationale dans son ensemble a rigoureusement condamné mardi 18 août ce putsch. La Cedeao n’est pas restée en marge.

Par Paule Fax

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dont fait partie le Mali n’est pas demeurée en reste.

Elle a vigoureusement protesté contre les putschistes et menace désormais d’agir militairement pour rétablir l’ordre constitutionnel au Mali. C’est-à-dire re-installer le président Ibrahim Boubacar Kéita – qui a annoncé sa démission – dans ses fonctions de président de la République. En effet dans une brève allocution qu’il a lue à la télévision nationale tard mardi soir, le président IBK a annoncé sa démission, la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement. Il a affirmé qu’il souhaite qu’aucun sang ne soit versé pour son maintien aux affaires. Allant jusqu’à se qualifier lui-même d’incompétent, en admettant avoir échoué à redresser l’armée du pays et en regrettant les tueries survenues pendant la répression des manifestations des 10-12 juillet 2020. Parlait-il sous contrainte ? Tout porte à le croire… Quoi qu’il en soit, la Cedeao ne veut pas se laisser compter et a sorti la grande artillerie. 

Ci-dessous la déclaration en date du mardi 18 août 2020 de la Cedeao.

« 1. Suite à son communiqué publié au cours de la journée du 18 août 2020 faisant état d’une mutinerie en cours au sein des Forces Armées Maliennes, la Cedeao a noté avec une très grande préoccupation la prise de pouvoir par des militaires putschistes maliens.

  1. Cette prise de pouvoir intervient dans un contexte de crise socio- politique difficile. En effet, la Cedeao rappelle qu’elle a engagé un processus de médiation depuis plus de deux mois en vue de trouver une solution à cette crise. Suite à ce coup de force des militaires putschistes maliens, qui est de nature à avoir un impact négatif sur la paix et la stabilité au Mali et dans la sous-région, la Cedeao :
  2. a) condamne avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du gouvernement démocratiquement élu du président Ibrahim Boubacar Kéita;
  3. b) dénie catégoriquement toute forme de légitimité aux putschistes et exige le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel ;
  4. c) rappelle aux militaires leur responsabilité sur la sûreté et la sécurité du président Ibrahim Boubacar Kéita et des officiels arrêtés ;
  5. d) exige la libération immédiate du président Ibrahim Boubacar Kéita et de tous les officiels arrêtés ;
  6. e) suspend le Mali de tous les Organes de décision de la Cedeao avec effet immédiat, conformément au Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel ;
  7. f) décide de la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la Cedeao et le Mali et invite tous les partenaires à faire de même ;
  8. g) demande la montée en puissance immédiate de la Force en attente de la Cedeao ;
  9. h) engage la Commission de la Cedeao à mettre en œuvre immédiatement un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leur partenaires et collaborateurs ;
  10. i) décide de dépêcher une délégation de haut niveau pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel ;
  11. j) décide de demeurer saisie de la situation au Mali.

Fait à Abuja le 18 août 2020.  Commission de la Cedeao »

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