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Politique

Côte d’Ivoire, un gouvernement reconduit et resserré

Peu de surprises, dans la composition du nouveau gouvernement de Patrick Achi. Le Premier ministre et son équipe peuvent se remettre au travail sans transition. Les dossiers sécuritaires et la réponse coordonnée aux pressions inflationnistes n’attendent pas.

 

Par Laurent Allais

Ils seront finalement 32. Le nouveau gouvernement de la Côte d’Ivoire, sous l’autorité du Premier ministre Patrick Achi, se réunit ce jeudi 21 avril 2022. On relève assez peu de surprises. La nouvelle équipe ne compte que deux nouveaux entrants, tandis que quelques postes ministériels sont supprimés, comme l’Artisanat et celui de la Promotion de l’investissement. Si l’ancien gouvernement totalisait 41 titulaires, le nouveau ne compte plus de ministre délégué ni de secrétaires d’État, les attributions précédentes revenant à des ministres de plein exercice.

« L’article 62 fait du vice-président en cas de vacance du pouvoir, non pas un intérimaire, mais de droit un président de la République chargé de poursuivre et de terminer le mandat en cours », précise le président du Conseil constitutionnel, Mamadou Koné.

Les grands portefeuilles échoient à leur précédent titulaire, des fidèles du président Alassane Ouattara. Kandia Camarra retrouve les Affaires étrangères, elle est également chargée des questions relatives à la diaspora et à l’intégration africaine. Téné Birahima Ouattara retrouve la Défense, Vagondo Diomande demeure au ministère de l’Intérieur, Mariatou Koné à celui de l’Éducation.

Kobenan Kouassi Adjoumani reste ministre de l’Agriculture. En revanche, Laurent Tchagba remplace Alain-Richard Donwahi au ministère des Eaux et forêts. Mamadou Sangofowa Coulibaly devient ministre du Pétrole, faisant ainsi son retour au gouvernement. À noter l’arrivée au ministère de la Culture et de la francophonie de Françoise Le Guennou-Remarck, ancienne dirigeante de Canal+ Côte d’Ivoire. Kaba Nialé demeure ministre du Plan et du développement. Ce gouvernement compte sept femmes.

« Je connais la force des attentes des Ivoiriennes et des Ivoiriens, leur soif d’une nation toujours plus prospère et solidaire, suivant la vision 2030 du chef de l’État, concrétisée par notre Plan national de développement 2021-2025. Avec le prochain gouvernement, nous serons ainsi chaque jour, avec abnégation et résolution, au service de cette puissante ambition patriotique », proclame Patrick Achi sur le site officiel de la Primature.

Le Premier ministre de Côte d’Ivoire, Patrick Achi.

 

Le gouvernement peut donc, sans transition, poursuivre quelques dossiers en cours, comme l’installation de plusieurs infrastructures sanitaires. Patrick Achi avait déjà inauguré, au début de ce mois, l’hôpital général de Meagui et le Centre hospitalier régional de San Pedro, puis le CHR de Adzopé.

 

Le vice-président à son poste

Les « états généraux de l’Éducation » permettent au gouvernement d’expliquer le « pacte social » qu’il entend instaurer en vue de bâtir une école ivoirienne « centrée sur la réussite des élèves et l’appropriation des valeurs républicaines ». Le Premier ministre a aussi lancé d’importants travaux routiers, ainsi que le Projet des chaînes de valeurs compétitives pour l’emploi et la transformation économique (PCCET). Derrière cet acronyme se cache la volonté de l’État de renforcer la compétitivité de l’agriculture et de l’industrie, afin de les orienter davantage vers l’exportation.

Le gros dossier du moment, en matière économique, est bien sûr la résurgence de la hausse des prix. Le gouvernement poursuit ses consultations afin de parvenir « à des solutions consensuelles et durables ». Il a déjà décidé le plafonnement des prix de 21 produits (contre 4 auparavant) et a consenti des subventions à l’achat de carburant. 

De son côté, le vice-président Tiemoko Meyliet Koné a prêté serment, le 20 avril, après avoir été nommé la veille par Alassane Ouattara. 

« Je jure solennellement et sur l’honneur de respecter la Constitution, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge, dans le strict respect de ses obligations et avec loyauté à l’égard du président de la République », a déclaré l’ancien gouverneur de la BCEAO.

Le poste de vice-président avait été créé par la réforme constitutionnelle de 2016. Il était vacant depuis juillet 2020 et la démission de Daniel Kablan Duncan pour « convenance personnelle ». Selon la Constitution, le vice-président devient Président « de plein droit » en cas de vacance « par décès, démission ou empêchement absolu » du Président. « L’article 62 fait du vice-président en cas de vacance du pouvoir, non pas un intérimaire, mais de droit un président de la République chargé de poursuivre et de terminer le mandat en cours », précise le président du Conseil constitutionnel, Mamadou Koné.

Les prochaines élections présidentielles sont prévues pour 2025.

Françoise Le Guennou-Remarck devient ministre de la Culture et de la francophonie.

@NA

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Written by Laurent Allais

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