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Politique

Conflit : L’Éthiopie face aux rebelles du TPLF

Face à la menace de plus en plus précise de la rébellion tigréenne, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé lundi qu’il dirigerait dès le 23 novembre sur le front ses troupes militaires afin de combattre la rébellion.

Par JO

C’est un Premier ministre tout énervé qui a décidé de revêtir le treillis de chef de guerre à la tête de l’armée de son pays pour aller « sur le champ de bataille » dans le conflit qui oppose les forces gouvernementales aux rebelles  séparatistes tigréens du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Pendant ce temps, Paris se contente d’appeler ses ressortissants à quitter « sans délai » le pays. Et l’ambassade française à Addis-Abeba prévoit de faciliter le départ des Français.

Prix Nobel de la paix 2019, Abiy Ahmed (45 ans) martèle : «  A partir de demain, je me mobiliserai sur le front pour diriger les forces de défense » sur son compte officiel Twitter.

Et très volontariste, il ajoute en substance à l’endroit des Ethiopiens que, ceux qui veulent faire partie des enfants éthiopiens qui seront salués par l’histoire, « levez-vous aujourd’hui pour votre pays. Rencontrons-nous au front » des combats.

Ces propos du Premier ministre éthiopien interviennent au même moment où selon diverses sources les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) revendiquent le contrôle de la ville de Shewa Robit, à seulement 220 kilomètres au nord-est de la capitale Addis-Abeba.

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Ils contrôlent déjà la capitale régionale, Makalé et l’essentiel de la région ainsi que les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Cette surenchère du TPLF n’a fait que radicaliser l’exécutif éthiopien dont le ministre de la Défense Belay Abraham souligne que les forces de sécurité du gouvernement se lanceront dans une « action différente ». Certes, Belay ne donne pas de détails (ce qui est compréhensible), mais il lance clairement qu’« il y aura du changement ».

Cela dit, en décidant de prendre les armes pour défendre son pays, le Premier ministre Abiy Ahmed ne part pas en territoire inconnu ou dans une aventure nouvelle. Il a derrière lui une carrière militaire. 

Ex-lieutenant-colonel dans l’armée éthiopienne, Abiy Ahmed est un homme ancré dans le milieu sécuritaire. Il a même été cadre technique spécialisé en cybersécurité et a fondé l’Agence nationale de sécurité des réseaux d’information.

Mais pas que. Il a combattu le régime militaire de la République démocratique populaire d’Éthiopie au début des années 1990, avant de servir au sein de l’armée éthiopienne.

Sa prise du commandement militaire intervient dans un contexte où l’émissaire de l’Union africaine (UA) pour la Corne de l’Afrique, l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, tente d’obtenir un cessez-le-feu et que les États-Unis, par la voix de Jeffrey Feltman, envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique, ont également tenté de discuter avec les différentes parties du conflit.

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D’ailleurs jeudi, Obasanjo et Feltman se sont rendus une nouvelle fois en Ethiopie. Quant au secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, lui avait même  récemment averti des risques d’« implosion » de l’Ethiopie à défaut de solution politique au conflit.

C’est peu de dire que ces dernières semaines, les efforts diplomatiques de la communauté internationale se sont intensifiés afin de tenter d’obtenir un accord de cessez-le-feu.

Pendant ce temps, Paris se contente d’appeler ses ressortissants à quitter « sans délai » le pays. Et l’ambassade française à Addis-Abeba prévoit de faciliter le départ des Français sur des vols commerciaux en réservant des sièges et, « si nécessaire », d’affréter un vol charter. Sans commentaire.

Ce conflit part du fait que le TPLF qui défiait l’autorité du PM Abiy Ahmed avait même attaqué des bases militaires éthiopiennes dans la région.

Le Premier ministre avait donc envoyé début novembre 2020 l’armée fédérale au Tigré afin de destituer les autorités de cette région issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Depuis c’est le conflit…

@ JO

 

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