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Politique

Cameroun : l’opposition s’organise

Patricia Tomaino

Quatre partis d’opposition, très faiblement représentés au Parlement camerounais, constituent un groupe parlementaire afin de peser davantage. Il s’agit du SDF, du PCRN, de l’UMS et de l’UDC, le parti d’Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya.

 

Malgré un poids institutionnel réduit, l’opposition camerounaise semble bien décidée à préparer l’avenir. Quatre partis politiques ont décidé de regrouper leurs forces, au parlement, afin de mieux faire entendre leurs voix face au parti majoritaire – pour ne pas dire hégémonique –, le RDCP (Rassemblement démocratique du peuple camerounais). En effet, le parti fidèle au président Paul Biya compte 152 députés sur 180 sièges. Ce nouveau groupe, baptisé « L’Union pour le Changement », souhaite accentuer la pression face au pouvoir présidentiel, tout en étant force de propositions.

Il rassemble, au sein de la Chambre basse du Parlement, le Social Democratic Front (SDF), le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), l’Union démocratique du Cameroun (UDC) et l’Union des mouvements socialistes (UMS). En décembre 2021, ces partis d’oppositions avaient déjà constitué une plateforme de proposition afin de pousser le gouvernement à adopter un nouveau Code électoral.

Les députés signataires de la déclaration de création, qui rejoignent donc cette nouvelle structure, s’engagent à « être les défenseurs des intérêts du peuple camerounais à l’Assemblée nationale. »  Ils promettent de « travailler pour la justice sociale et l’égalité des chances, défendre et promouvoir le patriotisme économique, combattre l’injustice et se tenir aux côtés des couches vulnérables et défavorisées ». Ils veulent aussi « veiller au rayonnement du Cameroun dans le monde, légiférer et contrôler l’action du gouvernement dans l’intérêt suprême du peuple camerounais ».

« La performance du Cameroun dans le cadre du programme reste sur la bonne voie et les réformes structurelles progressent, bien qu’avec des retards dans certains domaines clés », souligne à ce sujet le Fonds monétaire international qui appelle le pays à « renforcer davantage la transparence, la bonne gouvernance et le cadre de lutte contre la corruption ».

Ce groupe est, pour l’heure, composé de seize députés. Dont Cabral Libii, président du PCRN. « En agissant de façon concertée, nous allons forcément peser. Nous n’avons pas la majorité, mais du point de vue symbolique, ce groupe va peser, et du point de vue politique, il pèsera beaucoup plus », confie l’élu à RFI. En effet, il faut quinze députés pour constituer un groupe politique à l’Assemblée, et aucun parti d’opposition n’a atteint ce niveau aux dernières élections législatives. Le SDF comptait 18 députés lors de la précédente législature.

Le gouvernement gouverne

 Aujourd’hui, l’UNDP compte sept députés, le SDF n’en dénombre plus que cinq, tout comme le PCRN. L’UDC n’en revendique que quatre. Le Front pour le salut national du Cameroun n’en détient que trois, le Mouvement pour la défense de la République deux, soit autant que l’UMS.

L’Union pour le Changement compte également dans ses rangs Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya. C’est d’ailleurs la leader de l’UDC qui a remis les statuts et la composition de ce nouveau groupe au sein de l’Assemblée. Maire de Foumban (région de l’Ouest), Patricia Tomaino, née en 1969, est aussi porte-parole de multiples organisations de la société civile et est entrepreneure ; elle dirige une des plus grandes plantations privées du Cameroun.

Cette manœuvre politique intervient alors que l’après Paul Biya n’est plus un tabou dans le pays. Le Président, 89 ans, n’apparaît guère dans les médias et ses fidèles, de sa génération pour la plupart, ne semblent pas en mesure de peser d’un grand poids.

Cela n’empêche pas, bien entendu, le gouvernement de gouverner. « La performance du Cameroun dans le cadre du programme reste sur la bonne voie et les réformes structurelles progressent, bien qu’avec des retards dans certains domaines clés », souligne à ce sujet le Fonds monétaire international. Dans une note publiée fin février, le FMI souligne que les autorités sont déterminées à accélérer le rythme de mise en œuvre des réformes pour soutenir la diversification économique tirée par le secteur privé. Évoquant la recherche de financement public, le FMI prévient : « La mise en œuvre efficace et résolue des réformes des autorités, en particulier pour renforcer davantage la transparence, la bonne gouvernance et le cadre de lutte contre la corruption, est essentielle pour aider à catalyser un financement supplémentaire des donateurs. »

 

 

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Written by Laurent Allais

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