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Politique

Bons points et inquiétudes de l’ONU en Afrique de l’Ouest

Bons points et inquiétudes de l’ONU en Afrique de l’Ouest
  • Publiéjanvier 12, 2024

Les Nations unies s’inquiètent de la situation politique et climatique au Sahel, tandis que leur mission s’achève au Mali. En revanche, son représentant salue les processus démocratiques affirmés du Sénégal, du Liberia ou du Ghana.

 

L’année écoulée a été éprouvante, pour les relations entre les pays du Sahel et les organisations internationales. Au Mali, la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) a dû plier bagage, à la demande de la junte au pouvoir.

Prenant acte de la clôture de leur mission, le Conseil de sécurité a réitéré, le 5 janvier 2024 son attachement « à la souveraineté, à l’unité, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance du Mali ». Ses quinze membres ont salué « les efforts significatifs » déployés depuis 2013 par la Minusma accomplir sa mission « dans des circonstances très difficiles », et ont rendu hommage au peuple malien « pour sa résilience et les efforts qu’il a déployé » dans ce contexte.

« Ce sont souvent les femmes qui subissent le plus gros des aléas climatiques et des conflits. Il est impératif que les femmes prennent leur place dans les instances de décision. »

La Mission est désormais entrée dans une période « de liquidation », au cours de laquelle une équipe réduite des Nations unies, ainsi que les arrière-gardes des pays contributeurs de troupes et de police, restent sur les sites de Gao et de Bamako pour superviser le transport ordonné des biens appartenant aux pays contributeurs de troupes et de police vers leurs nations respectives, et la liquidation appropriée du matériel appartenant à l’ONU.

Les quinze « encouragent le dialogue entre le Mali et les partenaires régionaux » (entendre, la CEDEAO) et souhaitent une amélioration rapide de la situation sécuritaire dans le pays, notamment dans la lutte contre la menace terroriste et son impact sur les populations civiles au Mali et dans les pays voisins. L’ONU reste attaché au « processus d’Alger » mais invite toutes les parties signataires à reprendre le dialogue.

Cette semaine, le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, est intervenu au Conseil de sécurité pour dresser un état des lieux de la région. Il considère que si certains pays ont enregistré des progrès significatifs en matière de consolidation de la démocratie, les prises de pouvoir militaires induisent des menaces plus larges à la stabilité régionale.

 

L’enthousiasme palpable au Sénégal

L’élection présidentielle au Liberia et la passation pacifique du pouvoir ont constitué « un moment politique décisif » dans un pays « où les souvenirs de la guerre civile sont encore très présents ».

Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Il a évoqué également les prochaines élections au Sénégal, considérant que l’enthousiasme quant au choix du prochain dirigeant du pays, lors de l’élection présidentielle du 25 février 2024, est « palpable », et au Ghana, qui a « démontré sa constance démocratique avec l’engagement des deux principaux partis dans un processus transparent, et l’élection de leurs candidats à la plus haute fonction de l’État, en préparation des élections générales » de décembre. 

En revanche, les événements post-électoraux en Sierra Leone et en Guinée-Bissau ont donné lieu à des luttes intestines au sein des services de sécurité et ont mis en évidence la nécessité de renforcer de manière durable la crédibilité des institutions et des processus de gouvernance démocratique, considère le représentant des Nations unies.

Revenant sur la situation au Mali, Leonardo Santos Simão a mis en garde contre des « conflits superposés » alors que la Minusma a fini sa mission. « Une incertitude plane sur les élections et la transition politique au Mali dans le cadre de l’accord pour la paix et la réconciliation. »

L’« insécurité reste répandue dans de grandes parties du pays, y compris des attaques contre des camps militaires et des civils, avec des pans entiers du pays actuellement bloqués par des groupes terroristes et des besoins humanitaires croissants », déplore le représentant de l’ONU.

 

La question climatique

Reconnaissant que les Nations unies doivent « faire le point sur cette expérience d’une décennie et tirer les leçons nécessaires pour éclairer un avenir qui approche à grands pas. En tant qu’héritage de la Minusma, l’ONU continuera à jouer un rôle clé en faveur du peuple malien. »

D’autre part, le représentant prévient que l’impact négatif du changement climatique dans la région du Sahel ne doit être sous-estimé, les écosystèmes fragiles subissant le poids des sécheresses prolongées et des saisons des pluies imprévisibles. D’ailleurs, les événements météorologiques extrêmes se combinent avec la propagation de l’insécurité dans la région, exacerbant les conflits intercommunautaires, augmentant les tensions sociales et aggravant les déplacements.

« Alors que les puits s’assèchent et que les terres deviennent peu profondes – au moment où des inondations ont dévasté d’autres régions – ce sont souvent les femmes qui subissent le plus gros des aléas climatiques et des conflits », a-t-il déclaré. « Il est impératif que les femmes prennent leur place dans les instances de décision ».

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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