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Politique

Bon accueil au plan d’aides de l’UE à l’Égypte

Bon accueil au plan d’aides de l’UE à l’Égypte
  • Publiémars 22, 2024

Le paquet d’aides de l’Union européenne se concentre sur la coopération en matière d’énergie renouvelable, de commerce et de sécurité, et s’appuie sur des subventions, des prêts et d’autres financements sur trois ans pour soutenir l’économie égyptienne.

 

L’Union européenne vient de dévoiler un programme d’aide financière de 7,4 milliards d’euros en faveur de l’Égypte. Les économistes s’attendent à ce que cette initiative permette de soutenir l’économie du pays et d’attirer davantage d’investissements étrangers.

L’économie égyptienne est dans une spirale descendante depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus, lorsque les revenus du tourisme, qui ont contribué à l’économie à hauteur de 30 milliards d’euros en 2019, ont pratiquement disparu et que d’autres industries majeures ont été gravement touchées.

Les investisseurs considèrent que le programme de l’UE, ainsi que les financements provenant d’autres sources, garantissent la stabilité macroéconomique et favorisent une croissance économique plus forte.

Nouran el-Khouly, économiste au CFI Financial Group au Caire, explique à African Business que « le programme de l’UE pour l’Égypte n’est pas un « paquet » ordinaire ; il couvre de nombreux aspects différents de l’économie et va au-delà d’un simple paquet d’aide pour financer certains prêts. L’aide de l’UE renforcera également la confiance des investisseurs dans l’économie égyptienne ».

Les domaines d’intervention privilégiés sont la coopération dans les domaines des énergies renouvelables, du commerce et de la sécurité, ainsi que l’octroi de subventions, de prêts et d’autres formes de financement sur une période de trois ans pour soutenir l’économie du pays.

« Je suis convaincu que ce programme aura un impact positif sur l’économie égyptienne à court et à long terme », commente Nouran el-Khouly. « Le financement arrive à un moment critique, l’Égypte ayant un besoin urgent de devises. »

La perte d’activités internationales pendant la pandémie a entraîné une grave pénurie de dollars américains et d’autres devises en Égypte. Cette pénurie, combinée à l’apparition de taux d’intérêt plus élevés aux États-Unis, à un dollar plus fort et à une livre égyptienne plus faible, a rendu de plus en plus difficile pour le Caire le service de sa dette extérieure, qui s’élève officiellement à environ 31 milliards $.

En conséquence, l’Égypte a été contrainte de se tourner vers l’aide du Fonds monétaire international, recevant un plan de sauvetage de 3 milliards $ en décembre 2022. Toutefois, ce plan exigeait de l’Égypte qu’elle libéralise plusieurs aspects de son économie, y compris son marché des changes. Ces réformes ont fait chuter la livre égyptienne à un niveau record par rapport au billet vert.

 

Retour de l’optimisme

Cette dépréciation de la monnaie a contribué à une forte inflation en Égypte, les prix augmentant actuellement de plus de 35 %. Cet environnement macroéconomique difficile a réduit les marges bénéficiaires des entreprises égyptiennes et a considérablement augmenté le coût de la vie pour les Égyptiens.

Le programme de l’UE vise à atténuer certaines de ces pressions, avec 5,45 milliards $ affectés à des prêts à des conditions préférentielles et près de 2 milliards $ devant être investis dans des projets égyptiens. Le Caire recevra 600 millions $ supplémentaires sous forme de subventions, dont 200 millions $ pour la gestion des migrations. Le volet migratoire de l’accord se rapproche de celui signé en juillet 2023 avec la Tunisie. Bruxelles attendent des pays d’origines ou de transit des migrants qu’ils stoppent les départs et qu’ils reprennent sur leur sol ceux en situation irrégulière. Les pays de l’UE souhaitent réduire le flux de migrants d’Afrique du Nord vers l’Europe.

Charlie Robertson, responsable de la stratégie macroéconomique chez FIM Partners à Londres, note que les traders semblent de plus en plus optimistes à l’égard des actifs égyptiens. Le programme de l’UE, ainsi que les financements provenant d’autres sources, sont largement considérés comme garantissant la stabilité macroéconomique et favorisant une croissance économique plus forte, explique-t-il.

« Les investisseurs étrangers affluent, non seulement grâce aux 7,4 milliards d’euros de l’UE, mais aussi grâce aux 57 milliards de dollars de soutien. » Cela étant, les investissements étrangers prendront toutefois plus de temps à venir : il faut trois ans de stabilité macroéconomique avant qu’un investisseur étranger ne décide d’installer une usine, par exemple, dans un pays pour dix à quinze ans.

@NA

Écrit par
Harry Clynch

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