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Politique

Bénin : Le candidat Patrice Talon face à ses adversaires

Le chef de l’Etat, Patrice Talon, président sortant du Bénin, est candidat à la présidentielle du mois d’avril 2021. Il l’a certes lui-même révélé. Mais il doit faire face à des adversaires qui veulent sa place.

Par Serges David

Il s’est officiellement déclaré candidat un peu plus de 72 heures plus tôt à Adjohoun, dans l’Ouémé, à 63 km de la capitale Cotonou.

ENCADRE

Ces adversaires qui veulent la place de Talon

L’ex-ministre de l’Enseignement secondaire sous le président Yayi Boni, Alassane Soumanou Djimba, a déposé sa candidature mercredi 3 février pour la compétition présidentielle.

Ce candidat du parti Force cauris pour un Bénin émergent rejoint ainsi deux autres candidats déclarés notamment l’ex-ministre et ancien député Galiou Soglo (fils de l’ex-président de la République) Nicéphore Soglo et Patrice Siménou Ago qui a été le premier à déposer sa candidature. 

Quant à la Conférence des présidents du Front pour la restauration de la démocratie (FRD, plateforme de l’opposition), elle a choisi définitivement ses deux champions pour la présidentielle du 11 avril 2021 : Pour le poste de président de la République, c’est Joël Aïvo avec pour colistière Rekyath Madougou comme vice-présidente.

Reckya Madougou

Ils sont attendus désormais à la Commission électorale nationale autonome (CENA) pour l’enregistrement de leur déclaration de candidature. Tous ces candidats devront affronter le président sortant Patrice Talon, candidat à sa propre succession.  

« Je serai candidat au nom de la bonne gouvernance…(pour) défendre trois choses : démocratie, nos libertés et la bonne gouvernance », a déclaré le président Patrice Talon trois mois avant la tenue de la présidentielle prévue le dimanche 11 avril 2021.

Il est loin la période où élu en 2006, le président sortant déclarait : « Je ferai de mon mandat unique une exigence morale en exerçant le pouvoir d’Etat avec dignité et simplicité. Je m’acquitterai de mes devoirs de président de la République avec humilité, abnégation et sacrifice pour le bien-être de tous. Je m’emploierai à faire de ce mandat un instrument de rupture et de transition devant aboutir à la mise en place des grandes réformes politiques et institutionnelles que nous avons tous appelées de nos vœux ».

Cinq ans plus tard, les considérations politiques, les réalités diplomatiques, les rapports de force géo-stratégiques et politiques ont poussé le Président à ne plus être le chantre du mandat unique. Car «  pour ma part, je resterai dans l’action permettant de renforcer la bonne gouvernance, rien que pour renforcer cette bonne gouvernance que nous venons d’acquérir, qui fait ses preuves, qui nous permet de commencer à construire notre pays, de nous prendre en charge, de commencer à nous développer.

Cette bonne gouvernance est un nouvel acquis désormais impératif qui vient compléter la démocratie, la liberté, pour faire de nous un peuple digne…Cela mérite que chacun s’y donne encore avec énergie, avec foi, avec ferveur, jusqu’à ce que ça devienne un acquis définitif, jusqu’à ce que l’on ne puisse plus revenir en arrière… ».

Après cette quasi-déclaration officielle de candidature, l’opposition béninoise n’a pas attendu pour ruer dans les brancards.  Parce que les sujets de crispation ne manquent pas pour ce scrutin. En effet, pour cette compétition électorale, il est exigé, entre autres, des parrainages d’élus. Une disposition cruciale qui pourrait faire la différence entre le pouvoir et l’opposition. En faveur du pouvoir.

De fait, faute de députés et d’élus locaux issus de ses rangs l’opposition pourrait ne pas avoir de parrainages pour le scrutin du 11 avril. Elle dénonce un verrouillage qui ne permet qu’au seul président Patrice Talon d’obtenir lesdits parrainages.

Ainsi des formations politiques se sont-elles constituées en un « Front pour la restauration de la démocratie – collectif de l’opposition », dont l’objectif est de parvenir à l’alternance. Au nombre de ces partis, on a, entre autres, Les démocrates de Eric Houndété, la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (DUD) de Valentin Aditi Houdé, Grande solidarité républicaine (GSR) d’Antoine Guédou et Rassemblement Joël Aïvo (RJA).

Quelque cinq millions d’électeurs béninois sont appelés aux urnes le dimanche 11 avril 2021 pour le premier tour de la présidentielle. Cette présidentielle sera la 7e du genre au Bénin depuis l’avènement du processus de démocratisation en février 1990.

SD

 

 

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