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Politique

Algérie où est l’opposition ?

Régime sans caricature

Du Comité national des chômeurs, qui faisait trembler le gouvernement, il y a moins d’un an, il ne reste que des échos de divisions internes. Le groupe Barakat, qui a donné un écho international au rejet d’un quatrième mandat pour le président Bouteflika pendant la dernière campagne électorale, a lui aussi volé en éclats.

Les rapports des ONG dénoncent régulièrement les atteintes à la liberté d’expression de ceux qui, précisé­ment, remettent en question (ou pas) le pouvoir

Pour le politologue Tarek Allouache, « l’incapacité des acteurs à dialoguer et à entrer dans une relation apaisée les uns avec les autres, n’est pas à proprement parler attribuable au pouvoir algérien en tant que tel. C’est une constante du champ politique national depuis les années 1930.»

« Les protagonistes de ce champ se sont éliminés les uns les autres jusqu’au triomphe final de la force militaire en 1965. C’est le putsch qui a permis à Boumédiène d’éliminer définitivement la dissidence ouverte au sein des structures du système de gouvernement de l’Algérie qui a aussi permis d’ériger l’embryon d’administration, d’armée et d’institution politique fonctionnant encore aujourd’hui. Depuis cette époque, ladite « opposition démocra­tique » n’a cessé de vociférer dans le vide face à un pouvoir qui la dédaigne, et une popu­lation qui l’ignore presque complètement. »

Restent les rapports des ONG qui dénoncent régulièrement les atteintes à la liberté d’expression de ceux qui, précisé­ment, remettent en question (ou pas) le pouvoir, pris au piège de réflexes répressifs.

Djamel Ghanem en a fait récemment les frais : pour une caricature du Président non publiée, le jeune dessinateur n’a pu échap­per aux 18 mois de prison ferme qui le guettaient, que par la médiatisation de son cas par Reporters sans frontières.

Sous cou­vert de réformes, le gouvernement a voté en 2012 une loi sur les associations très… dissuasive, qui lui permet notamment de refuser l’enregistrement des associations considérées comme une menace pour « les valeurs et constantes nationales », l’ordre public, « la moralité » et la loi algérienne, et de suspendre ou de dissoudre les groupes considérés comme s’ingérant dans les affaires internes du pays ou portant atteinte à la souveraineté nationale.

« Cette loi érige en infraction pénale la liberté d’association, dénonce-t-on chez Amnesty International, en imposant une peine de dix mois d’empri­sonnement et une lourde amende pouvant aller jusqu’à 300 000 dinars (2 830 euros). »

L’élite doit s’impliquer davantage, se rapprocher de la population et transcender les cli­vages pour amorcer un vrai processus démocratique.

Un des acteurs de ce terrain miné de la contestation, Abdelouahab Fersaoui, président du groupe politique Rassemble­ment actions jeunesse (RAJ), ne perd pas espoir.

« Les partis politiques démocratiques et la société civile autonome luttent dans des conditions très difficiles, face au rou­leau compresseur, normalisateur et répressif du pouvoir, mais cela n’a pas empêché la société de s’organiser et de résister ainsi que de lancer des initiatives porteuses d’espoir et d’alternatives face au chaos. Ces derniers temps on constate une redynamisation de la société, mais elle reste insuffisante. L’élite doit s’impliquer davantage et se rapprocher de la population à travers un travail de proximité quotidien et transcender les cli­vages qui la minent pour amorcer un vrai processus démocratique. »

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