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Politique

Algérie: l’« État profond »

Algérie. Déploiement diplomatique, succès sécuritaires, amélioration des services administratifs : malgré le statu quo politique, certaines personnalités parviennent à faire tourner la machine. Qui sont-elles ?

Ce n’est plus une rumeur avec laquelle le gouvernement pourrait feinter : l’Algérie se dirige vers une crise économique de grande ampleur – les revenus des hydrocarbures entre janvier et fin avril 2015 ont reculé de 41 %. Pourtant, aucune ligne claire (austérité ou pas ?) n’est adoptée par le gouvernement qui optera dans la prochaine loi de Finances complémentaire pour une nouvelle dévaluation de la monnaie.

Sur la scène politique, le maintien du secrétaire général, Amar Saâdani, à la tête du FLN avec le soutien du pré-sident Bouteflika et du chef d’état-major Ahmed Gaïd-Salah, ou encore le retour surprise d’Ahmed Ouyahia à la tête du RND (Rassemblement national démocratique), n’ont que l’apparence de changements : ils trahissent plutôt des pics de tensions paralysantes entre les trois pôles du pouvoir, la Présidence, l’Armée et les Services secrets.

Plus secret, mais tout aussi actif, le général Mohamed Bouzit, dit Youcef, à la tête de la Direction de la documentation et de la sécurité extérieure (DDSE). Cet homme de terrain et « expert du renseignement et de la négociation », selon un officier du Département du renseigne-ment et de la sécurité (DRS), a joué un rôle capital lors des négociations avec les Maliens et les Libyens.

Quant au fonctionnement des institutions, il est, pour l’opposition, directement affecté par « la vacance du pouvoir ». « Certains ministres attendent même que le chef de l’exécutif, Abdelmalek Sellal, leur donne des instructions alors qu’ils ont été nom-més début juin ! », s’exclame un cadre du ministère de l’Éducation. La rareté des conseils des ministres se répercute sur le nombre de lois à passer au Parlement.

Et de nombreux cadres attendent depuis des mois que leur nomination, promotion, mise à la retraite, soit officiellement décidée par des documents qui attendent la signature du Président. Mais si une partie de la machine gouvernementale navigue à vue, plusieurs personnalités parviennent à sortir l’Algérie de sa torpeur. Une des plus médiatiques et des plus influentes du moment : le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra qui, depuis son arrivée en 2013, a insufflé une nouvelle dynamique à la diplomatie. « Après une phase de repli sur soi pendant les révoltes arabes et les troubles à la frontière sud, Alger a repris l’initiative en s’imposant comme l’arbitre incontournable au Maghreb et au Sahel », reconnaît un diplomate en poste à Alger.

Un cadre des Affaires étrangères estime que le contexte est particulièrement favorable au retour de l’Algérie sur la scène internationale. « L’éclatement de la Libye, qui suppléait l’Algérie en Afrique avec sa diplomatie de l’argent pendant que nous faisions de la diplomatie souterraine, peut également nous permettre de jouer un rôle de premier plan. » Négociations inter-maliennes, dialogue libyen, soutien à la Tunisie, réunion des pays non-alignés et offensive vers l’Afrique : son activisme est payant puisque Ramtane Lamamra est depuis le début du mois ministre d’État, et cela « malgré un bras de fer avec la présidence qui voulait pousser son ministre délégué Abdelkader Messahel », selon des indiscrétions au palais d’El Mouradia.

Plus secret, mais tout aussi actif, le général Mohamed Bouzit, dit Youcef, à la tête de la Direction de la documentation et de la sécurité extérieure (DDSE). Cet homme de terrain et « expert du renseignement et de la négociation », selon un officier du Département du renseigne-ment et de la sécurité (DRS), a joué un rôle capital lors des négociations avec les Maliens et les Libyens. « Ses missions en Libye ont permis de préparer le terrain aux rencontres et ses réseaux au nord du Mali ont beaucoup joué dans l’aboutissement du processus de paix, affirme un conseiller à la Présidence pourtant peu enclin à reconnaître les qualités des militaires, et c’est lui, qui, personnellement, est allé chercher nos diplomates capturés à Gao en 2012 et les a ramenés dans l’avion».

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